Brève critique de Charlie à chaud…

Charlie And The Chocolate Factory LogoVoilà, j’ai pu voir le film hier et voilà ce que j’en ai pensé !

Quel voyage mes amis. Quelle aventure. Burton m’a fait rire, vibrer, trembler, presque pleurer par moments. C’était loin d’être gagné pourtant, je partais avec beaucoup beaucoup de craintes. Mais voilà, Burton nous prouve encore une fois qu’il est l’un des cinéastes les plus importants de son temps.

Tout commence par un générique qui reste peut-être le seul grief majeur à faire au film : pas pour son éventuelle ressemblance (très vague tout de même pour ma part) avec celui d’Edward mais parce qu’il aborde un côté CGI très voyant, à l’encontre du reste du film. C’est peut-être un détail mais ce fut assez notable pour que ça me sorte de cette intro, somme toute efficace et typique du cinéaste.

Elfman nous offre une montage russe musicale, beaucoup plus proche de Spider-Man que de Edward, le film oscillant musicalement entre ces deux tendances en plus des numéros musicaux dont je parlerai plus bas.

Bref, c’est tout de même bien parti. Et à partir de ce moment là, ça n’arrête pas : c’est drôle (simple mais drôle), touchant (tout le monde sait que Charlie va l’avoir ce satané ticket et pourtant quelle émotion dans la salle – qui fut excellente au demeurant – quand il tire le ticket doré), visuellement splendide (une des plus grandes réussites de Burton à ce niveau, harmonie parfaite de ses influences diverses), féerique (les exemples sont si nombreux – le film m’a tout simplement rappelé le caractère unique du cinéma), parfois très drôle dans la satire sociale (certes, c’est au gros trait, mais c’est du Dahl bon sang, la satire est à lire entre la caricature et Burton offre parfois des images terriblement parlantes au sujet de la pauvreté – autant pécuniaire qu’intellectuelle – qu’a engendré notre société) bref je passe les superlatifs tant les idées et trouvailles fourmillent.

Johnny Depp. Il est Willy Wonka. Il est le film. On s’intéresse à Charlie évidemment mais il est clair que Burton est fasciné par ce personnage isolé et lunatique. Depp en fait un numéro épatant, passant de la dérision et à la maladresse en un clin d’œil, de la méchanceté à la naïveté la plus touchante. Comment fait-il ? Il arrive à rendre des gags de facture classique complètement hilarants. Il n’y a pas de mots pour décrire sa prestation, il faut la voir. C’est encore une fois unique.

Danny Elfman. B(o)ingo, encore une réussite. Si une bonne partie s’articule autour des textures que lui et Burton ont établis (chœurs, glockenspiel, etc.) et qui prennent ici des variations très élégantes (somptueux thème principal), on y trouve aussi des idées complètement folles, héritées de Oingo Boingo. Cette faculté étonnante à faire du « toc de luxe » en complète connaissance de cause. Si ses chansons ne visent pas la mémorisation immédiate par le spectateur (elles n’auraient pas eus le temps vu le texte de Dahl), ce sont davantage des délires musicaux, qui passent, accrochez-vous, par du hard-pop-rock-jazzy-80’s-ska-punk-dance avec une faculté déconcertante. D’un côté, c’est toujours le même ton, de l’autre, c’est toujours différent !

Que dire encore sans trop dévoiler ? La morale sur la famille ? Elle ne s’écoute jamais parler et ne force pas la main du spectateur. Vous voulez savoir ? Elle m’a fait du bien. Burton trouve ici une expression simple mais presque salvatrice de quelque chose qui lui a toujours manqué : un port d’attache, un havre de paix. Cette fois-ci, Edward ne retourne pas dans son château et reste parmi les vivants, avec leurs manquements et leurs failles. Pas tout à fait cela dit, et le plan final tempère largement l’élan qui le précède. Burton ne force pas le trait, jamais. Il découvre un monde qu’il n’a jamais vraiment connu par le passé et y fait ses gammes progressivement. C’est terriblement touchant à voir. Vraiment, j’étais très ému à la sortie de la projection par cette évolution lente mais délicate. Charlie est clairement l’un de ses plus films les plus autobiographiques, Depp retrouvant son rôle d’alter ego partageant les peurs et les désirs de son ami : la vieillesse, le rapport aux parents (autant comme fils que comme père), la rencontre de solitudes. Voilà les nouveaux thèmes de Burton, parmi d’autres encore.
Je pense notamment à la scène du “psy” (pour ne pas vous en dire plus) qui fait office d’une nouvelle profession de foi…
Ce film m’a rendu heureux. Je suis toujours actuellement sur un nuage !
Charlie et la Chocolaterie est un film à voir pour voir le monde autrement. Mieux, je ne sais pas mais autrement….et c’est tout le parcours de Willy Wonka durant ces presque deux heures d’émotions revigorantes.

PS : je suis tout à fait conscient cela dit que beaucoup ne vont pas apprécier, surtout les fans de Burton de la première heure car Charlie est un pas en avant dans le nouveau cinéma de Burton. Mais pour part, je suis prêt à le suivre encore longtemps…

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