En ce moment, de nouvelles informations sur Alice in Wonderland sont dévoilées tous les jours. Il faut dire que la sortie du film approche à grands pas! Si l’on ne verra cette adaptation qu’à partir du 24 mars en France, elle sortira aux Etats-Unis dès le 5 mars.

Pour voir quatre nouveaux extraits déjantés et inédits, où nous voyons le Chat du Cheshire (avec toutefois un mauvais doublage),  la Reine Blanche, la Reine Rouge dans sa folie et le Chapelier Fou, rendez-vous ici.

Puisque Lewis Carroll enseignait à Oxford et que Tim Burton réside à Londres, la première mondiale de l’adaptation d’Alice Au Pays Des Merveilles se devait d’avoir lieu dans la capitale du Royaume. Reste que celui-ci était déchiré, à la veille de la cérémonie, par un conflit entre les circuits de salles britanniques et Disney, qui produit et distribue le film de Tim Burton.

Quant aux exploitants, ils ne sont pas en position de force. Ils ont investi dans l’équipement pour la projection en relief et doivent les rentabiliser. L’augmentation du prix des billets pour les séances en relief est un excellent moyen de le faire, et Odeon, Vue ou Cineworld, qui viennent de doper leurs résultats grâce à Avatar, ne pouvaient pas se permettre de laisser passer Alice Au Pays Des Merveilles, première grosse sortie en relief après le film de James Cameron.

Finalement, le cinéaste, le Chapelier Fou (Johnny Depp), la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) et la jeune Alice (Mia Wasikowska) ont bien présenté le film au prince de Galles et à la duchesse de Cornouailles. Le jour même, le 26 février, l’un des principaux circuits de salles britanniques avait renoncé à sa menace de boycottage du film. Quelques semaines plus tôt, Disney avait fait part aux exploitants européens de sa décision de sortir le long métrage en DVD trois mois après sa sortie en salles, au lieu des quatre mois habituels. Cette mesure ne concerne pas la France.

Rentabiliser l’investivement

Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Belgique et au Québec, les exploitants ont menacé le studio américain de boycotter Alice Au Pays Des Merveilles s’il ne revenait pas sur sa décision. Le marché britannique est de loin le plus important de ceux concernés par le conflit. Très vite, des fissures sont apparues entre exploitants. Les circuits Vue et Cineworld se sont rendus aux raisons de Mickey. Odeon a fini par faire de même, laissant le rôle du village gaulois aux circuits néerlandais et belges (sauf Pathé, qui vient de trouver “un accord”).

Tirant le bilan de cette escarmouche, la publication hollywoodienne Variety y voit la première d’une longue guerre. Les studios américains cherchent à compenser la perte de revenus provoquée par l’effondrement des ventes de vidéos. Le raccourcissement des délais concerne aujourd’hui les DVDs, mais l’enjeu se situe plutôt du côté de la diffusion sur les supports mobiles via les différents systèmes de vidéo à la demande. Le raccourcissement permet aussi de fusionner les campagnes marketing des sorties salles et DVD.

Thomas Sotinel (Le Monde)

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