Burton dévoile ses cinq films préférés !

Au vernissage de l’exposition lui étant consacrée à Melbourne, Tim Burton a révélé ses cinq films préférés, ces films qu’il ne se lassera jamais de regarder, à un point presque “masochiste”, selon ses propres dires. Le résultat, sans être surprenant pour qui connaît Burton, peut néanmoins en faire sourire plus d’un. Voici les films ainsi que les réponses argumentées de Burton (avec traduction Tim-Burton.net en juxtaposé) :

Dracula A.D. 1972 (1972) de Alan Gibson avec Christopher Lee et Peter Cushing

“It was a great year for films. [laughs] Seeing that movie is one of the reasons I wanted to move to London, because it’s quite swinging — it’s like this weird mixture of a Hammer horror film and swinging London. There’s a scene where they cut from, I don’t know, 1569 or whatever, and it cuts to rock music and a jet airplane, so there’s a weird juxtaposition of things. I’ve gotten to know Christopher Lee over the years and I know that he would not say that this was one of his favorite films. I think it was Hammer on the decline and they thought, ‘Hey, let’s get hip,’ which was a mistake. But I enjoy mistakes sometimes.”

« 1972, un excellent cru pour le cinéma ! [rires] Ce film fut l’une des raisons qui m’encouragèrent à déménager pour Londres car il bouge vraiment – c’est une sorte de mélange entre les films d’horreur de la Hammer et le Londres qui bouge. Il y a cette scène où ils reviennent, je ne sais pas, de 1569 , n’importe, et il y a un mélange de rock et d’un avion à réaction, en gros, il y a un espèce de juxtaposition complètement bizarre de choses. J’ai appris à connaître Christopher Lee avec les années, et je sais que ce film est loin d’être dans ses préférés. Je pense que la Hammer était sur le déclin et qu’ils se sont dit : « hé, soyons branchés ! », ce qui était franchement une erreur ! Mais parfois, j’adore les erreurs ! »

The Wicker Man (1974) de Robin Hardy avec Christopher Lee

“It’s like a weird musical. That is actually one of Christopher’s favorite movies that he did, unlike the last one. It was not a very successful movie when it came out but it’s really quite a hypnotic and amazing film I think. It’s like a weird dream. Some of these films I can’t kind of watch over, because they play in your mind like a dream. It reminds me of growing up in Burbank. Things are quite normal on the surface but underneath they’re not quite what they seem. I found this film to be such a strange mixture; the elements are very odd.”

« Ça ressemble à une comédie musicale un peu bizarre… En fait, contrairement au précédent, c’est l’un des films dans lesquels Christopher a joué qu’il préfère. Il n’a pas eu beaucoup de succès à sa sortie mais je pense que c’est vraiment un film génial et hypnotique. C’est un peu comme un rêve étrange. Un de ces films que je ne peux cesser de regarder parce qu’ils tournent dans votre tête comme un rêve. Ça me rappelle mon enfance à Burbank. Les choses semblent normales en apparence, mais si on creuse, elles ne sont pas tout à fait ce qu’elles paraissent. J’ai trouvé que ce film était vraiment un étrange mélange, tous les éléments y sont si bizarres… »

The Golden Voyage of Sinbad (1973) de Gordon Hessler

“Ray Harryhausen is another inspiration to me. He did it all himself, too, you know, in the days when it was difficult to do that. In his characters — even the things that had no character — you could feel an artist at work there. You could feel his hand in it, and that’s rare, in any kind of film. His acting was better than the acting of the humans. It really tapped in to what I like about movies, I mean, the fantasy but also that handmade element, when you can see the movement of the characters — it’s like Frankenstein or Pinocchio, taking an inanimate object and having it come to life. That’s why I still like to do stop-motion projects.”

« Ray Harryhausen est une autre de mes sources d’inspiration. Il faisait tout par lui-même, vous savez, à une époque où c’était vraiment difficile de faire ça. Dans ses personnages – même ceux qui n’ont aucune personnalité – on peut sentir l’artiste qui a travaillé derrière tout ça. On peut sentir ses mains, et c’est vraiment quelque chose de rare, quel que soit le genre de film. Son jeu était meilleur que celui de n’importe quel acteur humain. C’est vraiment quelque chose qui est inscrit dans ce que j’aime dans le cinéma, je veux dire l’imagination, mais aussi tous ces éléments faits à la main, quand on peut vraiment voir le mouvement des personnages – c’est un peu comme Frankenstein ou Pinocchio, prendre un objet et l’amener à la vie. C’est pour ça que j’aime faire mes projets en stop-motion. »

War of the Gargantuas (1970) de Inishiro Honda

“One of my favorites. It’s my two-year-old daughter’s favorite movie. She’s the green gargantua and my other son is the brown one, and she loves being the bad green gargantua. She’s obsessed with it, as I was. I grew up watching Japanese science fiction movies and I particularly, unlike most hard core film people, like dubbed movies — there’s something about that language and the translation that somehow fits into the movie; it’s like a weird poetry. There’s a beauty to these films, the Japanese character designs — there’s a human kind of quality to these things, which I love. Monsters were always the most soulful characters. I don’t know if it’s because the actors were so bad, but the monsters were always the emotional focal point.”

« Un de mes préférés ! C’est le film préféré de ma fille de deux ans. Elle fait le Gargantua vert et mon fils fait le marron, et elle aime vraiment jouer le méchant Gargantua vert. Elle est aussi obsédée par ça que j’ai pu l’être. J’ai grandi en regardant des films de science-fiction japonais et j’aime particulièrement, à l’inverse de la plupart des cinéphages, les films doublés – il y a quelque chose dans cette forme de langage et dans la traduction qui filtre d’une certaine manière dans le film, c’est comme une poésie assez étrange. Il y a vraiment une beauté propre à ces films, à la conception japonaise des personnages – il y a une qualité humaine dans ce travail que j’adore. Les Monstres  étaient là les personnages les plus dotés d’âme. Je ne sais pas si c’est parce que les acteurs étaient vraiment mauvais, mais les Monstres étaient toujours le point cristallisant l’émotion. »

The Omega Man (1971) de Boris Sagal

“Seeing Charlton Heston reciting lines from Woodstock and wearing jumpsuits that look like he’s out of Gilligan’s Island — there are lots of good things. The thing I liked about this is that the vampire characters were played by real people. They had a really cool look to them — black robes, dark glasses. Not Charlton Heston with his shirt off. [laughs] I was kind of obsessed by him, because he’s like the greatest bad actor of all time. Between this and Planet of the Apes and Soylent Green and The Ten Commandments — I know that was a religious film but I always thought it was like the first zombie movie. He starts out like this real person and by the end he’s like this weird zombie.”

« Voir Charlton Heston déclamant des paroles dignes de Woodstock et portant des pantalons tout droit sortis de Gilligan’s Island – que de bonnes choses ! Ce que j’ai aimé dans ce film est que les vampires étaient joués par de vraies personnes. Ils avaient vraiment un look super – des robes noires, des lunettes de soleil. Ce n’était pas le cas de Charlton Heston sans chemise. [rires] Je suis comme obsédé par lui parce qu’il semble être le plus mauvais acteur de tous les temps. Entre ce film, La Planète des Singes, Soleil Vert et Les Dix Commandements – je sais bien que c’était un film religieux, mais je l’ai toujours perçu comme le tout premier film de zombies. Il commence en ressemblant à une vraie personne mais termine le film comme s’il était une sorte de zombie bizarre. »

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