Burton vous inspire : ce mois-ci Sara Amaktine

Après des court-métrages et un album, découvrez ce mois-ci le travail de Sara Amaktine et ses photos de poupées grotesques.

Tantôt colorées ou noir et blanc, les poupées photographiées par Sara font échos à la diversité du travail de Burton. De Big Eyes à Voodoo Girl, nous retrouvons une œuvre inspirée et originale à la fois enfantine et parfois dérangeante.

L’artiste raconte :

Quand j’étais petite je lisais beaucoup, paradoxalement beaucoup plus que lors de mes études de Lettres. J’ai un souvenir impérissable des romans de la Comtesse de Ségur (Les Petites Filles Modèles, Les Malheurs de Sophie) et de Roald Dahl, qui proposaient une vision de l’enfance à la fois drôle et cynique mais également très cruelle. Très adulte en fait. Je regardais aussi les mêmes dessins animés en boucle. Batman en fait partie. Cet anti-héros (car qu’est-ce qu’un super héros sans pouvoir ?) m’a inspiré mon personnage de Marcelle, une petite fille très peureuse dont les angoisses s’effacent après qu’elle ait rêvetu un masque trouvé dans son grenier.

Tim Burton fait bien entendu partie des influences qui me collent à la peau. Étrangement, le premier souvenir que je garde de sa filmographie est un cauchemar. Petite – je devais avoir 5 ou 6 ans -, j’étais tombée par hasard sur Edward Scissorhands, à la télévision. La vision de ce fantoche ébouriffé et de sa fantastique paire de ciseaux, m’a inspirée pendant longtemps une peur assez extraordinaire. Une dizaine d’années plus tard, je découvrirais le Struwwelpeter et réaliserais un peu mieux la raison de mon angoisse !

J’ai beaucoup étudié le XIXe siècle, et je suis fascinée par l’esprit fin de siècle et la décadence. Cette époque regorgeait de personnages qui possédaient quelque chose de rare aujourd’hui : le panache.

Je me nourris de toutes ces influences, de ces souvenirs d’enfance et de mes lectures pour mettre en scène mes poupées. L’enfance et le XIXe siècle sont mes deux points d’ancrage, chacun de ces deux pôles vient en somme contaminer l’autre. Je répète souvent que je m’amuse très sérieusement quand je travaille. Aujourd’hui je qualifierais mon univers d’aigre-doux.

J’ai commencé à collectionner les miniatures assez tôt, vers l’âge de 7 ou 8 ans. Pour les poupées, c’est venu plus tard, ça ne m’intéressait pas du tout, même enfant. Je les trouvais trop sages ! J’aime les poupées difficiles à apprivoiser, celles qui provoquent quelque chose en nous. Le défi d’arriver à les rendre belles, alors qu’elles ne le semblent pas au premier abord, me plait. J’essaie aussi d’être la plus curieuse possible et d’enrichir mon travail de toute nouvelle source d’inspiration que je peux trouver ailleurs.

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