Beetlejuice 2 : toujours pas mort !

C’est la plus tenace arlésienne de Tim Burton depuis déjà plusieurs années.

Annoncé, confirmé, infirmé, démenti et conspué, Beetlejuice 2 est un projet en gestation depuis plusieurs années sous l’égide du producteur et scénariste Seth Grahame-Smith (Dark Shadows). Avec l’aval de la Warner, ce dernier avait proposé un premier jet de scénario, depuis souvent mentionné sans qu’aucun détail n’en soit dévoilé.

Or, on apprend aujourd’hui via le site Deadline que le scénario est actuellement en pleine réécriture par Mike Vukadinovich, jeune scénariste dont le seul fait d’arme notable jusqu’ici est la rédaction du script de <emRememory, un thriller de science-fiction interprété par Peter Dinklage (Game of Thrones). Aucune info n’a filtré quant au pourquoi de ce remaniement, mais les activités de producteur de Smith, actuellement en charge de la production du diptyque IT (Andrès Muschietti) pourraient expliquer qu’il ne puisse suivre à fond le projet avec son comparse David Katzeneberg, lui aussi engagé sur cette suite des aventures du bio-exorciste. D’aucun y verrait une aubaine, étant donné que Dark Shadows s’est en grande partie vu décrié à cause du scénario qu’en avait écrit Smith.

Rappelons que des rumeurs persistantes et autres fake news alimentées par des fan-arts et les propos enthousiastes des acteurs d’origine (dont Winona Ryder et Geena Davis) donnaient le film pour acquis et en production. Or, le principal intéressé, Tim Burton, a bel et bien démenti qu’il y travaillait, ni même que Michael Keaton reprendrait son rôle-titre. Est-ce que la prochaine collaboration des deux hommes sur Dumbo (actuellement en tournage) pourrait confirmer l’éclosion officielle du film? Tour reste à faire.

D’autant que les revivals de films des années 80 n’ont pas toujours l’adhésion du public, comme l’a prouvé le remake de Ghostbusters en 2016 et même si certains contre-exemples fonctionnent au delà de toute espérance (le cas Mad Max : Fury Road), l’exercice reste, entre possibilités marketing auprès des uns et tirage de corde sur la nostalgie des autres, très précaire et hasardeux.

De plus, si Beetlejuice reste massivement un film culte pour les fans du réalisateur, mieux vaut garder en mémoire que les nouvelles générations n’ont probablement pas vu le film de 1988 et que son intention de départ, expressionniste et bricolée, risquerait de ne pas trouver sa place dans le système de production actuelle, piégé entre des blockbusters qui ne fonctionnent qu’à moitié et des spectateurs de plus en plus réactifs et critiques dont une bonne partie accuse depuis un moment Tim Burton de quelque peu s’auto-parodier.

Reste la possibilité que le film se fasse tout simplement sans lui, ce qui est très probable. Rappelons que Burton n’était initialement là que pour honorer une commande et que c’est sa patte graphique toute personnelle qui a contribué à faire du premier film le succès qu’il est devenu. Une suite directe, Beetlejuice Goes Hawaïan, devait initialement voir le jour suite au succès du premier film (toujours avec Burton à la barre) mais le projet est tombé aux oubliettes.

Quoi qu’il en soit, le scénario n’est pas encore écrit et le film très loin d’être officialisé pour de bon.
Si ce n’est répéter son nom trois fois de suite, il n’y a que peu de choses à faire pour empêcher que ce projet de pseudo-reboot / suite de Beetlejuice n’aille de l’avant pour l’instant.

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