1.Synopsis

Quand Sparky, le chien de Victor Frankenstein, est renversé par une voiture, Victor est complètement désespéré. Il retrouve l’espoir lorsque, à l’école, son professeur de biologie électrocute une grenouille morte pour la faire réagir…
Victor trouve là une manière idéale de ramener son chien à la vie. Mais quand ses parents et ses voisins aperçoivent Sparky-le-ressuscité, le jeune garçon doit les convaincre qu’en dépit des apparences, Sparky est resté le même chien.

2.Fiche Technique

  • Réalisation Tim Burton
  • Scénario Leonard Ripps
  • D’après une idée de Tim Burton
  • Avec Shelley Duvall : Susan Frankenstein, Daniel Stern : Ben Frankenstein, Barret Oliver : Victor Frankenstein, Joseph Maher : Mr. Chambers, Roz Braverman : Mrs. Epstein, Paul Bartel : Mr. Walsh, Sofia Coppola : Anne Chambers (Domino), Jason Hervey : Frank Dale, Paul C. Scott : Mike Anderson, Helen Boll : Mrs. Curtis, Sparky : Sparky, Rusty James : Raymond
  • Directeur de la photographie Thomas E. Ackerman
  • Direction artistique John B. Mansbridge
  • Création des décors Roger M. Shook
  • Musique Michael Convertino, David Newman
  • Montage Ernest Milano
  • Casting Joe Scully, Bill Shepard
  • Producteur Julie Hickson
  • Producteur associé Rick Heinrichs
  • Société de production Disney
  • Distribution Disney
  • Pays d’origine États-Unis
  • Date de sortie 1984 (festivals)
  • Format Noir et blanc – 35 mm
  • Durée 29 minutes

3. Making Of

    4. Critique

    Difficile de critiquer ce film lorsqu’on connaît les productions ultérieures de Burton…
    Il faudrait l’avoir vu en temps et lieu pour avoir un avis objectif. Si, évidemment, ce court-métrage (29 minutes) ne laisse pas une emprunte aussi forte que certains de ses films (peut-être aussi du fait de sa courte durée), il n’empêche qu’il préfigure pas mal d’idées qui trouveront leur place plus tard dans ses films et propose, avec Vincent (court-métrage animé qu’il avait réalisé 2 ans plus tôt) un bon tour d’horizon de son univers personnel.

    C’est également avec ce film que Burton a le plus cherché à faire rire son public. On y retrouve une bonne part de fantastique, un soupçon d’horreur et une grosse dose de comique et de critique.
    Le film fait bien sûr référence à Frankenstein (nom de famille de Victor), monstre au grand cœur mal accepté par l’univers extérieur.
    Le film est gorgé de références à l’histoire originale : Sparky est ranimé par contact avec la foudre ; son corps mutilé est grimé de cicatrices et comporte deux grosses vis métalliques à la hauteur de la nuque, etc.
    Lorsqu’il se manifeste hors de la maison, les voisins prendront peur (« I heard they have a lion in there ! – I saw it ! It’s worst and bigger ! ») et finiront par le pourchasser.

    L’apogée du film se déroule dans un terrain de minigolf où Sparky, affolé, et suivi de près par Victor, se réfugie dans un moulin constituant un décor du parcours. Un voisin tente de s’approcher d’eux mais met le feu aux pales avec son briquet.
    Victor, inconscient, est tiré du mini moulin en flammes par son chien, avant que celui-ci soit écrasé sous les décombres fumants.
    Les voisins, désolés et enfin compréhensifs, raniment alors le chien-sauveteur à la vie à l’aide des batteries de leurs voitures.

    Nous avons donc ici une histoire pleine de clins d’oeil et un rebondissement final très ironique…

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    Le fait que l’histoire soit ancrée dans une époque contemporaine permet à Burton de faire des connexions plutôt marrantes avec l’histoire originale, comme lorsque les voisins poursuivent le chien : non pas avec des torches mais avec des lampes torches et des battes de baseball !
    Idem pour cette fin très originale !

    Victor vit dans un quartier probablement semblable à celui décrit par Burton dans son enfance à Burbank: des maisons bien rangées ; toutes pareilles ; que l’on retrouvera dans Nightmare Before Christmas (lorsque les quartiers sont survolés par le traîneau de Jack) ou, encore plus flagrant, dans Edward Scissorhands, quand tout le monde sort la voiture au même moment du garage pour partir au travail.

    Les voisins sont très typés aussi : Rose, par exemple, est l’incarnation de la vieille voisine que l’on n’aime pas…

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    Avec sa robe à fleurs, elle fait penser à la tante de Vincent dans… Vincent, et passe son temps à ragoter et épier ses voisins, tout en arrosant sa pelouse.

    La scène du moulin en feu sera « reprise » dans Sleepy Hollow, et le générique de Frankenweenie fait immanquablement penser à Nightmare Before Christmas, on croit même y reconnaître la niche-tombe du chien de Jack, Zero.

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    L’esthétique du film est également propre à Tim Burton, avec entre autres du carrelage en damier dans la maison, des spirales, éléments de Noël (rennes, peluche « a cat in the hat »,…), une forte présence de kitsch (à moins que ce ne soit la mode de l’époque ?) : peintures de fleurs, robes à fleurs, papier peint hideux, meubles aussi…

    Il y a également quelques références au producteur, Disney, avec une tasse Donald Duck lorsque Victor prend son petit déjeuner, et un vélo avec un guidon Goofy.

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    Le film que l’on voit Victor projeter à ses parents juste après le générique, dans lequel Sparky est affublé d’ailes de ptérodactyle pourrait être une référence aux séries Z tournées par Edward Wood, considéré comme le plus mauvais réalisateur de tous les temps, à qui Burton rendra d’ailleurs un hommage quelques années plus tard dans son film Ed Wood. Notons aussi que la mère de Victor, occupée à ses tâches ménagères sans soupçonner les projets de son enfant pourrait également constituer une référence au Shining de Stanley Kubrik. C’est en plus la même actrice…
    Pour l’anecdote, vous pouvez également apercevoir dans le film la jeune Sofia Coppola faisant ses débuts à l’écran !

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    Notons que Frankenweenie, d’abord destiné aux enfants, ne rentrera pas dans le moule Disney et sera placé aux oubliettes (il était ainsi quasi impossible de trouver une copie de ce court-métrage avant la diffusion télé de Canal+ puis l’édition du dvd collector de Nigthmare Before Christmas sur lequel il est disponible en bonus). Suite à toutes ces incompréhensions des studios, Burton finira par quitter la célèbre entreprise.

    Nous avons donc affaire ici à un film réellement drôle, mais où l’on sourit plus qu’on ne rit. Il est rempli de bonnes trouvailles mais la trame principale n’est peut-être pas si originale (enfin, je dis ça moi, mais c’est quand même pas si mal !). Par contre il constitue un réel intérêt pour tout fan de Tim Burton, qui peut s’amuser à traquer la moindre trace de l’univers du réalisateur dans les images et dans les idées !

      5. Multimedia

      5.i Albums photos

      5.ii Vidéos

        5.iii Articles de Presse

        5.iv Scripts

        5.v Autres

        6. Autour du film

        6.i DVDs

        6.ii Citations

        Tout le monde pense que je fais référence à Frankenstein dès qu’un personnage est couturé (les cicatrices du chien dans Frankenweenie, celles de Sally dans L’Étrange Noël de Mr Jack, la greffe d’une tête humaine sur un corps de chien dans Mars Attacks! …) Pour moi, ça a plus à voir avec une trace physique, visible, de leur psychologie. Ils sont comme cassés et doivent réunir tous les petits morceaux. Dans Sleepy Hollow, le cavalier sans tête poursuit exactement le même but : quand on n’a plus de tête, il faut la retrouver… — Tim Burton, L’Événement du Jeudi, 10 au 16 février 2000

        Adolescent, j’ai toujours pensé que le seul moment où je verrais tous nos voisins ensemble dans la rue, ce serait en cas de catastrophe ou de vengeance collective, ces circonstances exceptionnelles qui réveillent une dynamique de foule, par la solidarité ou par la peur et le désir de punir. J’ai toujours été fasciné par le parallèle entre la vie en banlieue et les films d’horreur. — Tim Burton, Cahiers du Cinéma n°462 (décembre 1992)

        On met un peu tout dans ses premiers films. J’espère que je n’ai pas tout mis, mais c’est vrai qu’on y trouve les thèmes qui m’intéresseront plus tard. J’ai eu de la chance de pouvoir réaliser dans ce court quelque chose qui me tenait à cœur. — Tim Burton, Première n°240, mars 1997

        7. Nominations & Récompenses

        • Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films 1993 : Meilleure sortie vidéo (film de genre)

        8. Liens

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