Vincent

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1. Synopsis 

Vincent Malloy (traduit par Vincent Dupont dans la version française) est un petit garçon de 7 ans, qui n’a qu’un seul rêve : être Vincent Price, acteur à la voix ténébreuse coutumier des films d’épouvante.
C’est ainsi que sous son apparence d’enfant bien élevé, c’est un grand amateur de la littérature d’Edgar Allan Poe.
Il rêve de transformer son chien en zombie, faire tremper sa tante dans une cuve de cire ou libérer son épouse, enterrée vivante…

Court-métrage :

2. Fiche Technique

  • Titre original : Vincent
  • Titre français : Vincent
  • Année : 1982
  • Date de sortie : 1982 (en festivals), 1994 (en complément de The Nightmare Before Christmas)
  • Durée : 5 minutes 55″
  • Genre : Animation, épouvante
  • Réalisation : Tim Burton
  • Scénario : Tim Burton
  • Musique : Ken Hilton
  • Producteur : Rick Heinrichs
  • Société de production : Walt Disney Production
  • Société de distribution : Disney
    • Directeur de la photographie : Victor Abdalov
    • Direction artistique & chef décorateur : Tim Burton
    • Création des décors et sculptures : Rick Heinrichs
    • Directeur technique : Stephen Chiodo
    • Animation : Stephen Chiodo
    • Lieux de tournage : Studios Disney, Los Angeles
    • Pays d’origine : États-Unis
    • Langue : Anglais
    • Format : Noir et Blanc – 16 mm
    • Public : PG
    • Budget : 60 000  $ US
    • Remerciements : Dave Allen, Eric Brevig, Julie Hickson, Christopher Roth, Chas Smith

3. Casting

    • Vincent Malloy/Vincent Price : Vincent Price en voix-off

4. Analyse

Il en parle

Originellement, Vincent était supposé être un livre pour enfants et j’étais censé le publier comme ça, en premier. Mais j’ai eu l’opportunité, chez Disney, de le faire en film d’animation image par image (stop-motion). Je voulais faire de l’animation image par image, parce que je sens qu’il y a une gravité aux figurines en trois dimensions, qui semblait être le seul format à utiliser, pour cette histoire.

Vincent Price, Edgar Allan Poe, les films de monstres, ce sont eux qui me rejoignent. Tu vois quelqu’un qui traverse une angoisse, une certaine torture, des choses auxquelles tu peux t’identifier. Et c’est une échappatoire. C’est ce que Vincent est vraiment pour moi. Le film va et vient dans la réalité de Vincent. Il croit qu’il EST Vincent Price, et tu vois le monde par ses yeux. Tu arrives et tu repars de sa propre réalité et le film finit sur une citation du Corbeau. Les gens à Walt Disney pensaient qu’il mourait, mais il est juste étendu sur le sol. Qui peut dire s’il est vraiment mort ou seulement dans son petit monde? C’est drôle, j’aime mieux les choses lorsqu’elles te laissent à ton imagination. J’ai toujours vu les fins heureuses comme étant plus psychotiques dans un certain sens. Ils [Disney] voulaient que la lumière s’allume et que son père entre en disant: “Viens fiston! On s’en va à une partie de football!”. Voilà ma première expérience avec le syndrome de la fin heureuse.

5. Critiques

Ce court-métrage est génial ! Ben oui, j’y vais tout de go à la première ligne comme ça je ne devrai pas sous-entendre mon adoration pour ce film  .
Tim Burton, qui voue une adoration sans borne pour Vincent Price, écrit ici un poème magnifique, drôle, sombre, et bien sûr autobiographique. Il n’en reste pas là puisqu’il en fait un total chef-d’oeuvre.
Le format, la durée et la technique du film (stop-motion) servent complètement le propos, il se dégage de ce court-métrage une ambiance et une prestance complètement É-NORME, avec qui plus est peu de moyens financiers et humains. Tim Burton arrivera également à séduire le vrai Vincent Price avec son histoire : celui-ci acceptera de faire la narration dans le film et une amitié naîtra de cette rencontre. Burton fera de nouveau appel à lui pour jouer le rôle du “père” d’Edward dans Edward Scissorhands, et Price mourra peu après cela.

Il a été formidable. Le film représentait beaucoup pour moi. J’ai grandi en voyant à l’écran cet homme tourmenté (…). Il m’est apparu, quand je l’ai vu, comme quelqu’un d’incroyable, passionné par beaucoup de choses (…). Il n’y en a pas tant que ça aux Etats-Unis, des gens intéressés non seulement par ce qu’ils font, mais aussi par l’art en général, tous les aspects, tous les genres… Il était juste intéressé par la vie. Il m’a été d’une grande inspiration et il en sera toujours ainsi.

Pourtant, Disney, qui devait originellement le programmer en première partie de Pinocchio, le rangera finalement dans ses tiroirs (qui, décidément, doivent vraiment compter quelques perles encore inédites), jugeant le film trop sombre.
C’est sans compter sur la reconnaissance populaire puisque le film fait le tour des festivals, raffle de nombreux prix et nous vaudra même l’honneur d’accueillir Tim en personne au festival du dessin animé et du film d’animation de Bruxelles (maintenant Anima), alors que Burton était encore inconnu et très jeune (24 ans). Si j’avais su, je lui aurais fait dédicacer mes fesses. Mais bon, j’étais pas encore né, alors pas de regrets.

Ce film devait véritablement révéler le talent de Tim Burton.

De nouveau, et comme tout le temps; Vincent est imprégné des thèmes chers au réalisateur: la mort, l’horreur, la transformation, l’enfance, la noirceur… et toujours une bonne part d’humour. Il se rapproche dans sa narration du bouquin qu’il écrira bien plus tard, The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories, qui relate également sous forme de courts poèmes les destins bizarres de personnages plus étranges les uns que les autres.

Visuellement, le film amorce l’esthétique qui sera plus amplement développée dans Nightmare Before Christmas (qui, rappellons-le, ne sera par réalisé par lui mais par Henry Selick, bien qu’il soit le créateur du projet): beaucoup d’éléments y sont presque similaires.

Beaucoup de références également : évidemment à Vincent Price et à Edgar Poe, mais également aux cartoons de l’époque, avec des personnages adultes dont on ne voit jamais que la partie inférieure. L’effet est particulièrement intéressant quand sa mère s’adresse à Vincent et ponctue ses paroles de gestes du bras.

Le film tardera a ressortir des tiroirs de Disney, qui heureusement (il était temps) l’éditera dans le très bon DVD de Nightmare Before Christmas, en bonus. Il était pratiquement introuvable avant cela, tout comme Frankenweenie, le court-métrage live de Tim Burton réalisé 2 ans plus tard.

6. Anecdotes

À l’origine prévu pour être diffusé au cinéma en début de séance d’un film de Walt Disney, le court-métrage fut jugé trop sombre pour les enfants et laissé dans les archives du Studio d’animation jusqu’à la sortie en K7 vidéo de The Nightmare Before Christmas en 1994 dans lequel il figure en bonus.

Vincent Price prête sa voix pour le court-métrage, acteur fétiche de Tim Burton auquel il dédit bien évidemment cette première œuvre en stop-motion.

Vincent fut rediffusé en 2006 pour le festival d’Annecy lorsque que Burton a reçu un Prix Spécial pour l’ensemble de sa carrière.

On peut retrouver dans le court-métrage des ébauches de personnages qui deviendront plus tard Jack et Sally dans The Nightmare Before Christmas.

7. Citation

“Vincent Price, Michael Gough ou Christopher Lee sont des mythes de mon enfance. Devenu réalisateur, j’ai eu l’immense privilège de les rencontrer et de les faire tourner. J’aime, bien sûr, les écouter parler de la grande époque des films fantastiques. Mais souvent, il me suffit d’être à leurs côtés.”

— Tim Burton, L’Événement du Jeudi, 10 au 16 février 2000

8. Nominations

  • Ottawa International Animation Festival 1984 [Canada] : Audience Award
  • Prix de La Critique du Festival international du film d’animation d’Annecy

9. Liens Externes

  • Vincent sur IMDB (En)
  • Vincent sur Wikipedia (En/Fr)
  • Vincent sur Allociné (Fr)

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