J'avoue que moi aussi la rencontre avec Bela me plait beaucoup, c'est une scène poignante pour Ed, après tout il rencontre l'une de ses idoles. Mais c'est tellement drôle et candide qu'on ne peut que sourire voir rire
surtout quand Ed dit "vous êtes encore plus effrayant dans la vie que dans vos films" comme compliment on a fait mieux
mais pour Ed c'est la plus belle chose à dire à son idole.
Il a cette immédiateté de sentiment qu'on peut retrouver chez Edward, il est comme un enfant dans un corps d'adulte (l'image est assez surranée je vous l'accorde) , il fait tout comme il le ressent ; comme quand ses collègues lui disent de refaire la scène avec Tor qui s'est pris la porte et que lui refuse parce que pour lui le cinéma est à son image, immédiat, véritable, même si il n'a rien de parfait.
La rencontre avec Orson Welles est surement le point de ce fervent plaidoyer pour le cinéma d'Ed, car Burton sans même sombrer dans le pathos larmoyant, nous montre Ed tel qu'il fut, un passioné, un grand enfant, une sorte de génie incompris en son temps qui aujourd'hui est pour certains ce que Tim est à nous.
Pour en revenir à cette rencontre, émouvante bien évidemment, elle est un symbole fort, en effet lorque nous voyons ses deux hommes discuter ensemble, avoir les mêmes problèmes (les fameux financiers) avoir les mêmes idéaux (le cinéma c'est réaliser ses rêves) nous montre qu'entre le "meilleur" (Orson) et le "pire" (Ed) il n'y a pas si grande distance, voir pas. Burton nous apparait en transparence à travers les deux hommes, sans pourtant s'accaparer le propos, il le rend universel.
Ce film n'est pas que la biographie d'Ed Wood, c'est la biographie de n'importe quel cinéaste vivant par et pour sa passion.