Alan Rickman

L’année 2016 démarre décidément bien tristement.  C’est avec regret que nous avons apprit la soudaine disparition du comédien britannique Alan Rickman des suites d’un cancer. Il avait 69 ans.

Né le 21 février 1946, cet acteur brillant à plus d’un titre s’est illustré tout au long de sa florissante carrière dans divers aspects de la comédie, aussi bien au théâtre qu’au cinéma : jeu, mise en scène, écriture et même production.  Rien ne semblait résister à son talent et à cette présence magnétique qui lui a attiré la confiance de ses partenaires et des spectateurs.

tumblr_nj62hdZIQa1rmf15lo1_1280

Avant tout homme de scène, Alan Sydney Patrick Rickman est issu d’une famille modeste et à fait montre dès son plus jeune âge d’un talent certain pour la comédie – une vocation qu’il doit à la romancière Jane Austen dont il a toujours vanté les écrits. Sa carrière tardive au cinéma sera précédée d’un CV théâtral à couper le souffle, ayant joué tout au long de sa vie les plus grands textes, tels Shakespeare, Austen ou une version des Liaisons Dangereuses, qui lui vaudra de multiples éloges et récompenses. Il sera même membre de la Royal Shakespeare Company dans les années 70, années durant lesquelles il mettra plusieurs pièces en scène.

rickman-alan

Hollywood ne lui ouvrira les bras que tardivement pour un rôle charnière : celui du terroriste Hans Gruber dans Piège de Cristal (1987), première aventure du policier poissard John McClane, incarné par Bruce Willis. Doucereux et imprévisible, Rickman vole presque la vedette à son adversaire et devient, à 41 ans, l’un des méchants les plus marquants du 7ème Art.

Capture d’écran 2016-01-18 à 19.50.08

Après divers petits rôles, il endosse la défroque du Shérif de Nottingham dans Robin des Bois, Prince des Voleurs ( 1991), un rôle classique qu’il porte avec brio en y mettant énormément de sa personnalité. Alan Rickman devient alors un personnage à part entière, une figure sadique mais touchante, dont on aime rire de la cruauté et des facéties. L’acteur est parvenu à faire ce que peu ont réussi : rendre les méchants attachants. Plus attachants encore que les héros qu’ils combattent.

Loin de se laisser enfermer dans un archétype, Alan Rickman prête de sa royale présence à nombre d’autres rôles et facettes durant les années 90, comme celle d’un joueur de violoncelle dans Truly, Madly, Deeply (1991), d’Eamon de Valera dans le biopic Michael Collins (1996), ou encore celui d’un ange râleur dans le barré et culte Dogma de Kevin Smith (1997). En 1995, il retrouvera son auteur favorite, Jane Austen, en jouant pour Ang Lee dans l’adaptation de Raisons et Sentiment le rôle du colonel Christopher Brandon, un personnage totalement à son exquise mesure.

fhd999DGA_Alan_Rickman_002

Les années 2000 lui ouvre les portes de la célébrité absolue grâce au rôle du professeur Severus Snape ( Rogue en VF), personnage sombre et intriguant, tortionnaire du jeune Harry Potter dans les huit films consacrés au sorcier de J.K Rowling. Rickman prêtera sa présence pendant sept années à la saga, sans jamais cesser de louer le travail de l’écrivain et la grande qualité de son rôle qu’il a joué avec un plaisir grandissant à chaque fois. Une régularité populaire qui ne l’empêchera pas de briller dans d’autres croustillants long-métrages, comme Love Actualy (2003) où il joue le mari infidèle d’Emma Thompson, le superbe Snow Cake (2005) ou encore l’étrange Le Parfum (2006).

severus-snape-in-alan-rickman-s-own-words-is-one-of-the-most-heart-felt-tributes-you-will-463942

Lorsqu’il est enfant, Alan Rickman souffre d’une malformation de la mâchoire qui lui donne des soucis d’élocution. Une particularité physique qui lui octroiera cette voix si particulière et feutrée qui ont fait sa personnalité.

Les petites particularités, notre réalisateur fétiche les aime, les chérit. Tim Burton ne s’y est ainsi pas trompé en offrant deux très beaux rôles à Alan Rickman : celui du machiavélique Juge Turpin dans son Sweeney Todd (2008), comédie musicale gothique où Rickman, qui avait déjà fait montre de ses talents de danseur dans le clip In Demand de Texas, offre ici une très bonne prestation vocale en duo avec Johnny Depp, sur le titre Pretty Women. En 2010, Burton fera de nouveau appel au comédien pour prêter sa voix à la chenille Absolem dans son adaptation à succès, mais controversée, d’Alice au Pays des Merveilles. Un rôle de sage tranquille et naturellement autoritaire qu’il retrouvera pour son ultime apparition dans la suite du film, prévue cette année et que Tim Burton se contente de produire.

19geji0b9glp9png

Alan Rickman s’est également illustré avec brio derrière la caméra en réalisant deux films : l’Invitée de l’Hiver (1997) et Les Jardins du Roi (2015) dans lequel il incarne également un Louis XIV plein de mélancolie et bienveillant.

La disparition soudaine de ce magnifique artisan et esthète du 7ème Art est une tragédie à l’image de nombreux rôles qu’il a lui-même tenu. Véritable amoureux des lettres, Alan Rickman nous laisse avec un sublime héritage dont nous ne cesserons de vanter les louanges.

Reposez en paix monsieur Rickman et merci de la part de toute l’association Tim-Burton.net.

Laisser un commentaire