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Beetlejuice 2 : toujours pas mort !

C’est la plus tenace arlésienne de Tim Burton depuis déjà plusieurs années.

Annoncé, confirmé, infirmé, démenti et conspué, Beetlejuice 2 est un projet en gestation depuis plusieurs années sous l’égide du producteur et scénariste Seth Grahame-Smith (Dark Shadows). Avec l’aval de la Warner, ce dernier avait proposé un premier jet de scénario, depuis souvent mentionné sans qu’aucun détail n’en soit dévoilé.

Edito Octobre 2013 – Faut-il vraiment une suite à Beetlejuice ?

Faut-il une suite à Beetlejuice ? Avec la confirmation (non-officielle cependant) de la mise en chantier de la suite des aventures du bio-exorciste sous la direction de Burton, la question est dans toutes les têtes burtoniennes. Ce film culte, qui pour beaucoup fait partie intégrante du patrimoine du réalisateur doit-il vraiment se voir affubler d’une suite ? Petite interrogation argumentée !

Batman Returns

Toutes les images présentées dans cette galerie sont issues du film Batman Returns © Warner Bros (1992)

Batman

Toutes les images présentées dans cette galerie sont issues du film Batman © Warner Bros (1989)

Beetlejuice

Toutes les images présentées dans cette galerie sont issues du film Beetlejuice © Warner Bros (1988)

Des détails sur Beetlejuice 2 : la suite se déroulera 26 ou 27 ans après l’original


Collider a rencontré Seth Grahame-Smith et a ainsi pu discuter avec lui de l’avancement du scénario de Beetlejuice 2 qu’il serait en train d’écrire. Celui-ci a tout d’abord confirmé que le projet était bien sur les rails, avec Michael Keaton dans le rôle titre, mais également Burton à la production. Il a néanmoins été précisé que le rôle de ce dernier n’était pas fixe et qu’un éventuel passage à la réalisation dépendait du scénario livré par Seth Grahame-Smith. Celui-ci n’a d’ailleurs pas encore commencé l’écriture, mais a déjà quelques idées.

Il a notamment été mis l’accent sur le fait que Beetlejuice 2 ne serait en aucun cas un remake ou un reboot, mais bel et bien une suite en bonne et due forme, se déroulant 26 à 27 ans après le premier film, soit le temps qui s’est écoulé entre 1988 et aujourd’hui. Seth-Grahame Smith a de plus souligné que ces années passées seraient intéressante car pour Beetlejuice, mort et bien mort, elles ne signifient rien du tout ! En revanche, le monde extérieur a complètement changé ! Comment dans ces conditions ne pas penser de notre côté, même si pas un mot n’a été soufflé là dessus, à un grand retour au moins de Winona Ryder dans son rôle de Lydia, pour ne pas dire de l’ensemble de la famille Deetz ? Mais ce n’est là que conjecture personnelle !

Toujours est-il qu’il semble y avoir véritable accord entre Grahame-Smith, Burton et Keaton sur la manière de mener le projet. Tous trois veulent respecter l’esprit original du film et faire une suite qui ne démérite en rien face à celui-ci. Seth Grahame-Smith affirme même préférer mourir ou ne pas faire le scénario si celui-ci ne parvenait pas à coller à ses attentes. Rappelons par ailleurs que Seth-Grahame Smith est déjà le scénariste du très attendu, mais déjà très controversé Dark Shadows.

En discuter sur le Forum

Michael Keaton pour Frankenweenie ?

Selon plusieurs sources, Michael Keaton aurait été embauché sur Frankenweenie pour faire la voix d’un certain Frankenstein…

Micheal Keaton

Sources:

Collaborateurs

(en construction)

  • Scott Alexander et Larry Karaszewski (scénaristes)
  • Colleen Atwood (costumière)
  • John August (scénariste)
  • Helena Bonham-Carter (actrice)
  • Johnny Depp (acteur)
  • Danny DeVito (acteur)
  • Denise Di Novi (productrice)
  • Danny Elfman (compositeur)
  • Dante Ferreti (décorateur)
  • Anton Furst (décorateur)
  • Jonathan Gems (scénariste)
  • Michael Gough (acteur)
  • Seth Grahame-Smith (scénariste)
  • Rick Heinrichs (décorateur/directeur artistique)
  • Mike Johnson (animateur/réalisateur)
  • Jeffrey Jones (acteur)
  • Michael Keaton (acteur)
  • Martin Landau (acteur)
  • Chris Lebenzon (monteur)
  • Christopher Lee (acteur)
  • Lisa Marie (actrice)
  • Jack Nicholson (acteur)
  • Catherine O’Hara (actrice)
  • Sarah Jessica Parker (actrice)
  • Michelle Pfeiffer (acteur)
  • Vincent Price (acteur)
  • Paul Reubens (acteur)
  • Alan Rickman (acteur)
  • Winona Ryder (actrice)
  • Henry Selick (animateur/réalisateur)
  • Glenn Shadix (acteur)
  • Martin Short (acteur)
  • Timothy Spall (acteur)
  • Caroline Thompson (scénariste)
  • Christopher Walken (acteur)
  • Bo Welch (décorateur/directeur artistique)

Batman Returns

Batman Returns Logo

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1. Synopsis

C’est Noël à Gotham City. Les citoyens profitent de la paix que leur apporte la période des fêtes. Paix de courte durée, puisque le gang du Triangle Rouge, dirigé dans l’ombre par l’énigmatique Pingouin, vient semer la peur dans les rues de la ville. Abandonné dans les égouts alors qu’il n’était qu’un bébé, le Pingouin devient la nouvelle coqueluche de Gotham, supporté par l’homme d’affaires véreux Max Shreck. Mais c’est sans compter sur Batman, alias le milliardaire Bruce Wayne, bien décidé à combattre ce nouveau malfaiteur et ce malgré la présence en ville d’une autre criminelle. En effet, la frèle Selina Kyle, ancienne secrétaire tuée par son patron qui n’est autre que Shreck, est ramenée à la vie par des chats, devenant ainsi la féline Catwoman. Un rude combat attend l’homme chauve-souris.

Bande annonce :

2. Fiche Technique

  • Titre original : Batman Returns
  • Titre français : Batman Le Défi
  • Année : 1992
  • Date de sortie : 19 juin 1992 (USA), 18 juillet 1992 (France)
  • Durée : 126 minutes
  • Genre : Fantastique, thriller, action
  • Réalisation : Tim Burton
  • Scénario : Daniel Waters (d’après une histoire de Daniel Waters et Sam Hamm)
  • Basé sur : le comic book de Bob Kane
  • Musique : Danny Elfman, Steven Severin (chanson “Face to Face”)
  • Producteurs : Tim Burton & Denise Di Novi
  • Société de production : Warner Bros
  • Société de distribution : Warner Bros (USA), GBVI (France)
    • Directeur de la photographie : Stefan Czapsky
    • Direction artistique : Rick Heinrichs
    • Création des décors : Bo Welch
    • Décorateur de plateau : Cheryl Carasik
    • Costumes : Bob Ringwood, Mary E. Vogt
    • Montage : Bob Badami, Chris Lebenzon
    • Casting : Marion Dougherty
    • Co-producteur : Larry J. Franco
    • Producteur associé : Ian Bryce
    • Producteur exécutif : Peter Guber, Benjamin Melniker, Jon Peters, Michael E. Uslan
    • Lieux de tournage : USA : Warner Bros Studios (Burbank) – Angleterre : Pinewood Studios, Iver Heath, Buckinghamshire
    • Pays d’origine : États-Unis, Angleterre
    • Langue : Anglais
    • Format : couleur (Technicolor) – Dolby Digital – 35 mm
    • Public : PG-13
    • Budget : 80 000 000 $
    • Recettes : USA – 163 000 000 $ / France – 1 243 471 entrées

3. Casting

    • Bruce Wayne / Batman : Michael Keaton
    • Oswald Cobblepot / Le Pingouin : Danny DeVito
    • Selina Kyle / Catwoman : Michelle Pfeiffer
    • Max Shreck : Christopher Walken
    • Alfred Pennyworth : Michael Gough
    • Le Maire : Michael Murphy
    • Princesse de Glace : Cristi Conaway
    • Charles “Chip” Shreck : Andrew Bryniarski
    • James Gordon : Pat Hingle
    • Organ Grinder : Vincent Shiavelli
    • Josh : Steve Witting
    • Jen : Jan Hooks
    • Avaleur de Sabres : John Strong
    • Homme Tatoué : Rick Zumwalt
    • Femme au Chien : Anna Katarina
    • Voyou Acrobate : Gregory Scott Cummins
    • Lanceuse de Couteaux : Erika Andersch
    • Gros Clown : Travis McKenna
    • Maigre Clown : Doug Jones
    • Clown Terrifiant : Branscombe Richmond
    • Père du Pingouin : Paul Reubens
    • Mère du Pingouin : Diane Salinger
    • Docteur du Pingouin : Stuart Lancaster
    • Homme Heureux : Cal Hoffman
    • Femme Heureuse : Joan Jurige
    • Adorable Petite Fille : Rosie O’Connor
    • Livreur de Journaux : Sean M. Whalen
    • Journaliste Agressif : Erik Oñate
    • Garde du Corps de Shreck : Joey DePinto
    • Habitants de Gotham City : Steven Brill, Neal Lerner, Ashley Tillman & Elizabeth Sanders
    • Voleur : Henry Kingi
    • Victime : Joan Giammarco
    • Bimbo Volontaire : Lisa Coles
    • Agents de Sécurité : Frank DiElsi & Biff Yeager
    • Présentateur Télé : Robert Gossett
    • Homme dans la Foule : Adam Drescher
    • Pingouins Empereurs : Robert N. Bell, Niki Botelho, Susan Rossitto, Margarita Fernandez, Denise Killpack, Felix Silla & Debb Lee Carrington

4. Analyse

Avec Batman Returns  Tim Burton s’attaque à quelque chose à laquelle il n’adhère pas : la séquelle.

Traumatisé par le tournage exténuant du premier Batman entre 1988 et 1989, c’est avec une grande prudence que Burton décide de se pencher à nouveau sur le monde du chevalier noir et de ses adversaires. Batman restant un des succès les plus importants au box-office mondial à l’époque (plus de 400 millions de dollars de recettes pour 35 millions du budget), il n’est pas surprenant de voir la Warner lancer une suite, en y rattachant l’architecte de son succès.

Devant la promesse des studios de laisser à Burton et ses équipes une liberté artistique bien plus conséquente que sur le Batman précédent, le réalisateur se laisse embarquer dans cette suite qui deviendra certainement l’un de ses films les plus personnels.

Gotham Returns – Réinventer la ville de Batman

Une des premières préoccupations de Tim Burton, et ce malgré le fait que les décors du premier Batman soient toujours conservés aux studios Pinewood, à Londres, est de rendre la ville de Gotham City plus « raffinée » et expressionniste qu’écrasante et gargantuesque comme dans le premier film. Ainsi, le tournage eut en grande partie lieu à Los Angeles dans les studios de la Warner. Plus proche de chez lui, Burton retrouve une esthétique et une façon de faire plus artisanale et personnelle qui lui permet de s’immerger totalement dans le nouveau monde qu’il veut mettre en place.

Tout en gardant une logique vis à vis du premier film (par quelques références, on comprend tout à fait que le film se passe après le premier Batman), Batman Returns montre une toute autre facette de la ville de Gotham et ses habitants. Noyée sous la neige en pleine période de Noël (une imagerie dont Burton se sent proche), Gotham est épurée, blanche et chromée, au contraire de la ville sale et rongée par la corruption du premier film. Comme si elle témoignait du passage bénéfique de Batman dans ses rues.

Mais tout comme le premier film imposait une importance des valeurs de hauteurs et de chutes en rapport avec les origines et métamorphoses des personnages, c’est dans l’ombre que Burton instaure les origines putrescentes de ses protagonistes. Gotham créé des monstres dans ses entrailles, avec en premier lieu, les égouts dans lesquels est précipité le Pingouin (Danny De Vito) au début du film. De même, c’est du haut de sa grandeur aristocratique (les tours du businessman Max Shreck, joué par Christopher Walken) que Selina Kyle (Michelle Pfeiffer) est littéralement jetée dans une ruelle avant de revenir à la vie par l’intermédiaire de chats surgissant des poubelles. Les deux personnages connaissent une même révélation identitaire initiée par le motif de la chute, au sens propre.

À l’instar du Pingouin, qui « recycle » ce que la ville, incarnée par Shreck, rejette, Gotham garde une seconde dimension sous sa clarté enneigée, une fine couche de poudre blanche qui ne fait que cacher, tel un masque, les véritables apparences de la ville. Un « secret honteux » , typique des romances gothiques, que chacun des quatre personnages principaux de Batman Returns porte en lui, via un masque ou non.

Batman & Co – les enfants de Gotham

On reproche très souvent au film de privilégier les personnages de « méchants » au détriment de Batman lui-même, pourtant héros fantastique qui prête son nom au titre. Burton ne nie pas, tout en minimisant ce fait. Bruce Wayne nous est connu, nous avons découvert sa psyché et ses troubles dans le premier film. Il est donc presque logique que la part belle soit faite à de nouveaux protagonistes et antagonistes, en particulier à Selina Kyle alias Catwoman, personnage ultra sexualisé, toujours sans égal au sein des films de Tim Burton.

Au départ, les exécutifs de la Warner sont très sceptiques quant à la présence de Catwoman dans le film, les penchants sado-masochistes du personnage ne les séduisant guère, sans compter une éventuelle mauvaise influence sur le plus jeune public potentiel d’une aventure de Batman sur grand écran ! C’est sur cette base que les producteurs souhaitèrent purement et simplement éliminer le personnage du scripte. Burton a néanmoins gain de cause, tout en déclarant que cela en disait plus long sur eux que sur lui.

Toujours considérée par Burton comme étant son interprétation favorite au sein de ses films, la performance de Michelle Pfeiffer est surprenante à plus d’un titre, cette dernière se fondant totalement sous le masque de cuir de son alter ego, entre saut de corde avec un fouet et gobage d’oiseau vivant (Pfeiffer a effectivement réalisé cette performance durant le tournage !). La dualité qui l’oppose à Batman est le parfait contraire de ce qui liait ce dernier au personnage de Vicky Vale dans le premier film. À une amourette simple, Burton préfère une relation de Je T’aime Moi Non Plus, complexe et violente, loin des poncifs manichéens trop souvent présents dans les films de super héros. Burton déclare lui-même qu’il ne voit pas les méchants comme tels, mais plutôt comme des victimes de choses à l’instar de Bruce Wayne lui-même, ce qui explique assez aisément que ce dernier s’efface très légèrement devant pas moins de trois figures de « méchants» complexes aux motivations plus que compréhensibles.

De tous ces vilains, c’est pourtant le plus « humain », Max Shreck, qu’il convient d’appeler « méchant ». Homme d’affaire véreux en duel constant avec Bruce Wayne et les dirigeants de Gotham, cet homme populaire participe au pourrissement secret de la ville, en détournant des fonds au mépris de l’environnement. Opportuniste et calculateur, Max est un être puissant qui n’a besoin que d’un masque de façade face aux citoyens de Gotham pour se faire bien voir, allant même jusqu’à clairement avouer au maire sa volonté de le destituer en coulisse avant de saluer une foule enthousiaste. Tout en essayant de montrer un pouvoir politique totalement impuissant face à une montée inexorable de la violence et de la corruption ( les dirigeants inutiles du premier Batman , les magistrats et notables de Sleepy Hollow ou les instances saugrenues de Mars Attacks ! sont des preuves amusantes du parti pris de Burton à ce sujet), Burton montre un personnage fédérateur de malheurs, puis ce que Max créé Catwoman en tuant Selina Kyle, sa secrétaire, et fait du Pingouin le meurtrier de masse que l’on découvre à la fin du film, après qu’il l’a trahi. Le fait que Max Shreck soit une référence directe à l’interprète du vampire du film Nosferatu, de Murnau (1922) n’est pas un simple hommage : ce dernier ne s’est jamais montré sous son vrai visage sur le tournage, conservant, envers et contre tous, son maquillage de vampire.

Toutefois, même Shreck n’est pas exempt d’humanité. Il va jusqu’à se sacrifier pour permettre à son fils de vivre, et défend ses actions malfaisantes en les présentant comme la prospérité assurée pour sa descendance. De bien des façons, Max Shreck a été un bien meilleur père pour son fils que ne l’ont été les Cobblepott avec leur fils Oswald, le futur Pingouin, à bien des égards, véritable anti-héros du film.

Le Pingouin, un bandit manchot

Aux côtés de Batman et de Catwoman, le choix du Pingouin comme méchant s’est imposé de lui-même à Tim Burton, obsédé par la thématique de la part animale de l’homme. Ce personnage atypique bouclait à merveille un trio aux alter ego animaux. Mais si la dualité qui oppose (autant qu’elle rassemble)  Batman et Catwoman est évidente, que faire d’Oswald Cobblepott, un adversaire certes classique de l’homme chauve-souris mais qui ne possède, en dehors de son physique de demi-portion, aucun trait particulier ?

Encore tout fraîchement salué pour Edward Scissorhands sorti l’année précédente, Tim Burton décide à nouveau d’exploiter son amour des freaks en faisant du Pingouin un véritable monstre physique, élevé dans les égouts de Gotham par des forains et des pingouins. Laissé pour compte par une société trop conformiste, Oswald est un reflet putride d’Edward, mit à l’écart du monde pour sa difformité. Son esprit en deviendra lui-même perverti, nourrissant une haine assez farouche envers le monde du dessus pour devenir le leader d’un gang d’artistes de cirque. Mais également rêveur et nostalgique, le Pingouin n’aura de cesse que de se faire bien voir par les citoyens de Gotham (avec l’appui de Max Shreck) afin de pouvoir retrouver ses racines, comprendre la raison de son abandon et, qui sait, s’adapter à ce monde qui l’a autrefois rejeté.

Tout comme Batman et Catwoman, c’est là un personnage en demi-teinte, jouant sans cesse sur deux tableaux, que nous proposent Burton et Danny De Vito. Désirant retrouver la bonne humeur et la folie de Beetlejuice, Burton voit dans le Pingouin un exutoire à la part d’ombre mais aussi à la part de folie qui habite son monde. Aussi violent que soit le Pingouin, il n’en reste pas moins haut en couleurs avec son langage fleuri et ses manières grossières. L’importance du Pingouin tient dans la cristallisation de toutes les peurs et espoirs de chacun des personnages. Pas étonnant dès lors que Burton lui consacre tout le prologue du film, dans lequel on retrouve d’ailleurs Paul Rubens et Diane Salinger, ses deux stars de Pee Wee’s Big Adventure, dans le rôle des Cobblepott, riches guindés se débarrassant de leur embarrassante progéniture dans les égouts.

Issu d’un monde aristocratique, Oswald est projeté au plus bas, de façon littérale, contrairement à Bruce Wayne, qui s’enferme dans l’obsession de la vengeance et de la justice suite au meurtre de ses parents, eux aussi gens extrêmement aisés. L’un est le reflet de l’autre, Bruce observant Gotham depuis son manoir, dans l’attente de l’activation du bat-signal, symbole de son existence, et le Pingouin observant ses plans se mettre en place depuis les égouts. Comme l’indique Max Shreck à Bruce, lui et Oswald auraient très bien pu être voisin de chambrée en fac, si le sort l’avait voulu autrement.

Pour légitimer davantage la folie du personnage, on en fait un monstre de foire, ayant grandi au sein du Cercle du Triangle Rouge, gang mafieux issu du monde du cirque ( de vrais artistes de cirque sont recrutés spécialement pour le film). Quelque peu théâtral, le Pingouin use donc de multiples accessoires pour permettre à sa folie de resurgir sous forme d’armes (les fameux parapluies) et de véhicules (le canard à moteur), images même de l’enfance pervertie.

L’importance du Pingouin tient dans la cristallisation de toutes les peurs et espoirs de chacun des personnages : Shreck se sert de lui pour accéder au pouvoir, Catwoman de ses ressources pour confondre Batman et Bruce, comme l’indique Alfred, ne tient inconsciement pas à ce qu’un autre « monstre » vienne empiéter sur sa propre monstruosité.

La dernière véritable mort du film est celle d’Oswald, dont la dépouille est menée par un cortège de pingouins éplorés, plus touchants qu’effrayants. La facette tragi-comique du Pingouin, aussi Dickensienne que proche de Poe, tient la narration en équilibre de bout en bout de cette vision si particulière de ce personnage qui deviendra par ailleurs une référence pour le media de base qu’est le comics, instaurant une image persistante du Pingouin dans l’imaginaire collectif.

De grandes espérances

Si l’on se réfère au titre d’origine du film, de quoi revient Batman, exactement ? D’une rude bataille avec les exécutifs des studios ayant à ce point frustré Burton sur le premier opus ? Le « retour » pourtant si symboliques dans le film est pourtant celui des morts, littéralement pour Selina Kyle et de façon plus imagée pour Le Pingouin, ressurgissant de l’endroit où il fût enterré des années auparavant. Batman revient à Gotham, surgissant du Mausolée de Bruce Wayne (pâle figure spectrale enfermée chez lui) pour empêcher les morts de « trop ressurgir ». De ce fait, Batman est bien le véritable antagoniste du film, austère et effrayant, qui empêche toute la vie incarnée par les personnages du Pingouin (si bon vivant) et de Catwoman (dotée, tel un chat, de plusieurs vies) de s’exprimer.

Est-ce que cette image symbolique et synonyme de succès qu’est Batman serait pour Burton l’incarnation de la répression des studios sur sa volonté artistique sur le premier film, et qui expliquerait que, malgré le gros succès de Batman Returns, la Warner ne lui ai finalement pas confié les rennes d’un troisième film ?

Le consensualisme du Batman Forever, de Joel Shcumacher (1995) confirme malheureusement cette volonté de rendre Batman plus accessible et timoré, loin des psychés malades des protagonistes de Tim Burton. Mais toujours est-il qu’avec Batman Returns, il a imposé ses choix et son esthétique pour créer ce qui restera l’une de ses œuvres les plus éloquentes.

5. Critiques

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6. Anecdotes

Le tournage du premier Batman ayant été une souffrance pour Tim Burton, ce dernier ne souhaitait pas réaliser une suite. C’est en lui laissant une liberté totale et en supprimant le personnage de Robin que les producteurs ont réussi à le convaincre.

Annette Bening devait à l’origine jouer le double personnage de Selina Kyle / Catwoman mais celle-ci tomba enceinte quelques semaines avant le début du tournage. C’est donc Michelle Pfeiffer qui la remplaça au pied levé.

Le rôle de Christopher Walken est une référence directe à l’Expressionnisme Allemand puisque son personnage s’appelle Max Shreck comme l’acteur Allemand Max Schreck qui a joué le premier vampire au cinéma en 1921 dans Nosferatu, eine Symphonie des Grauens.

Les manchots (auks en anglais et non penguins)du personnage du Pingouin sont joués par de vrais manchots, des acteurs en costumes et des animatroniques.

7. Citations

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8. Nominations & Récompenses

  • Oscars 1993
    • Meilleurs effets spéciaux (Michael L. Fink, Craig Barron, John Bruno, Dennis Skotak)
    • Meilleur maquillage (Ve Neill, Ronnie Specter, Stan Winston)
  • Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films 1993
    • Meilleur maquillage (Ve Neill, Stan Winston)
    • Meilleurs costumes (Bob Ringwood, Mary E. Vogt, Vin Burnham)
    • Meilleur réalisateur (Tim Burton)
    • Meilleur film de fiction
    • Meilleur acteur secondaire (Danny DeVito)
  • MTV Movie Awards 1993
    • Meilleur baiser (Michelle Pfeiffer, Michael Keaton)
    • Meilleur méchant (Danny DeVito)
    • Femme la plus désirable (Michelle Pfeiffer)
  • BMI Film & TV Awards 1993: Meilleure musique: (Danny Elfman)

9. Liens Externes

  • Batman Returns sur IMDB (En)
  • Batman Returns sur Wikipedia (En|Fr)
  • Batman Returns sur Allociné (Fr)
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Batman

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1. Synopsis

À Gotham City, une ville où le crime est partout, lutte un justicier vêtu d’une combinaison de chauve-souris. Ce dernier est en réalité Bruce Wayne, un milliardaire dont les parents furent tués dans « l’allée du crime » sous ses yeux alors qu’il n’avait que 10 ans. Alors qu’il essaye de faire fuir des voleurs dans une usine de chimie, il fait tomber Jack Napier dans de l’acide. Celui-ci, entièrement défiguré, devient le Joker.

Bande annonce :

2. Fiche Technique

  • Titre original : Batman
  • Titre français : Batman
  • Année : 1989
  • Date de sortie : 23 juin 1989 (USA), 13 septembre 1989 (France)
  • Durée : 126 minutes
  • Genre : Fantastique, thriller, action
  • Réalisation : Tim Burton
  • Scénario : Sam Hamm et Warren Skaaren (d’après une histoire de Sam Hamm)
  • Basé sur : le comic book de Bob Kane
  • Musique : Danny Elfman
  • Producteurs : Peter Guber, Jon Peters
  • Société de production : Warner Bros, PolyGram Filmed Entertainment et The Guber-Peters Company
  • Société de distribution : Warner Bros
    • Directeur de la photographie : Roger Pratt
    • Direction artistique : Terry Ackland-Snow et Nigel Phelps
    • Création des décors : Anton Furst
    • Décorateur de plateau : Peter Young
    • Costumes : Linda Henrikson et Bob Ringwood
    • Effets Spéciaux : John Evans
    • Supervision effets spéciaux : Derek Meddings
    • Montage : Ray Lovejoy
    • Casting : Marion Dougherty
    • Co-producteur : Chris Kenny
    • Productrice associée : Barbara Kalish
    • Producteur exécutif : Benjamin Melniker et Michael E. Uslan
    • Lieux de tournage : Angleterre : Hatfield House, Hatfield, Hertfordshire – Knebworth House, Stevenage, Hertfordshire – Londres – Pinewood Studios, Iver Heath, Buckinghamshire
    • Pays d’origine : États-Unis, Angleterre
    • Langue : Anglais
    • Format : couleur (Technicolor) – Dolby – 35 mm
    • Public : PG-13
    • Budget : 35 000 000 $
    • Recettes : USA – 411 348 024 $ / France – 2 362 087 entrées

3. Casting

    • Bruce Wayne / Batman : Michael Keaton
    • Jack Napier / le Joker : Jack Nicholson
    • Vicki Vale : Kim Basinger
    • Alexandre Knox : Robert Wuhl
    • Alfred Pennyworth : Michael Gough
    • James Gordon : Pat Hingle
    • Harvey Dent : Billy Dee Williams
    • Le maire Joe Borg : Lee Wallace
    • Carl Grissom : Jack Palance
    • Alicia Hunt : Jerry Hall
    • Robert “Bob” Hawkins : Tracey Walter
    • Lieutenant Max Eckhardt : William Hootkins
    • Nick : Christopher Fairbank
    • Eddie : George Roth
    • Becky Narita : Kit Hollerbach
    • Jack Napier jeune : Hugo E. Blick
    • Bruce Wayne jeune : Charles Roskilly
    • Thomas Wayne : David Baxt
    • Martha Wayne : Sharon Holm

4. Analyse

Introduction

Ce court texte va s’efforcer d‘aborder les points les plus remarquables du film Batman. Il va de soi qu’effectuer un tel travail nécessite de citer des passages du film. Il est donc recommandé – si pas obligatoire – de visionner le film auparavant afin que la vision ne soit pas gâchée.

Des oppositions

Le film repose principalement là-dessus, et ne serait sûrement pas aussi intéressant sans cette constante opposition Batman/Joker. Batman à lui seul est en opposition avec la racaille de Gotham, tout comme son envie de se faire connaître alors que les autorités tentent de le garder dans l’ombre. En ce qui concerne le Batman et le Joker, tout les différencie : Batman est sombre, introverti, bien que « gentil » de l’histoire, il cache tout et surtout son identité. Le Joker, c’est tout le contraire : il est drole, coloré (dans tous les sens du terme), extraverti, bien que « méchant » de l’histoire et fait tout pour qu’on le remarque. Il semble crier « Hé, regardez-moi ! » alors que Batman tente d’agir dans l’ombre tout en tentant de se faire connaître.

L’entrée des artistes

Le problème auquel était confronté Burton pour le choix de l’acteur qui doit interpréter Batman était qu’il cherchait un acteur de films d’action tout en pensant que Keaton est parfait pour le rôle.

Qui d’autre qu’un type comme lui (…) pourrait avoir le besoin impérieux d’enfiler le costume de Batman, de se transformer ainsi ? Pas un macho bodybuildé en tout cas.

Seulement Keaton n’est pas le choix idéal pour tout le monde, et une polémique va se déclencher autour de ce choix. Les fans du comic original envoient des milliers de lettres de plainte, mais Keaton restera malgré tout – et heureusement ! Peu d’acteurs auraient pu apporter tant de tristesse et de volonté à ce personnage [qu’on sent] torturé. C’est la deuxième fois que Michael Keaton et Tim Burton tournent ensemble (juste après Beetlejuice). On peut d’ailleurs remarquer que tous les films de Burton ont pour titre le nom du héros et ça continuera jusqu’à Edward Scissorhands et aussi Ed Wood.

C’est le génial Jack Nicholson qui a été choisi pour interpréter le fameux rôle de Jack Napier/Le Joker. Un rôle sur mesure pour cet acteur, qui crée un personnage humoristique mais animé de cette méchanceté dont il ne semble pas avoir conscience, comme un enfant. On peut d’ailleurs dire que le Joker qui fait tout ce qui lui plaît et adore les jouets est dans un monde pratiquement enfantin, piquant une colère quand tout ne se passe pas comme il veut (« He stole my balloons ! »).
Kim Basinger fait quant à elle la belle de service amoureuse de Batman et s’en tire d’ailleurs très bien à côté de Nicole Kidman (Batman Forever). Elle ne fait pas que de la figuration et n’est pas là uniquement pour vendre le film.

Signalons enfin Michael Gough, un ancien de la Hammer, dont le rôle de « vieux sage » est d’une importance non négligeable.

L’importance du lieu

En trois films c’est la deuxième fois que le lieu joue une importance primordiale dans le déroulement de l’histoire. Dans Beetlejuice, les époux Adam et Barbara sont coincés dans la maison qu’ils doivent hanter. Dans Batman c’est Gotham City qui a de l’importance. (On retrouve d’ailleurs ça pour Sleepy Hollow, Edward Scissorhands, Nightmare Before Christmas et peut-être même Planet of the Apes – à vous de voir ce que vous en pensez). Il n’y a pas de Batman sans cette ville synonyme de crime, logique puisque Batman est le justicier local. La ville devient presque un personnage à part entière, puisque sa vie est d’une certaine manière en jeu, le crime la mettant en danger. Le soin qui est apporté aux décors est d’ailleurs stupéfiant. Entièrement recrée par des maquettes superbes et des décors gigantesques tout aussi réussis, Gotham City devient une ville gothique, en noir et blanc. On se dit que cette ville existe en la voyant. Anton Furst (qui s’est suicidé en 1991) remporta d’ailleurs l’Oscar des meilleurs décors pour son œuvre.

Un univers plus sombre

Après les très colorés et joyeux Pee-Wee’s Big Adventure et Beetlejuice, Burton passe à un film sombre sous son apparence de film d’aventure familial. Batman lui-même est un personnage sombre (vêtements noirs, vie dans une caverne obscure…) et torturé, de par la mort de ses parents et son besoin de faire le justicier, cela caché sous une apparence qu’il cherche à obtenir. Le décor est aussi très sombre, ravagé par le crime. Des flics sont corrompus, la population vit dans la terreur.

Danny et le Prince

Pour la musique, troisième collaboration avec Danny Elfman, et ce ne sera pas la dernière. Mais la surprise musicale de ce film vient du fait que des chansons de Prince sont utilisées pour deux scènes avec le Joker – le musée et la parade. Tim ne souhaitait pas intégrer la musique de Prince dans le film (bien qu’il l’apprécie beaucoup), mais la maison de disques a fait pression (elle voulait même Michael Jackson !), et on peut dire que ça a rapporté beaucoup d’argent. La musique d’Elfman s’ajoute au côté sombre du film et il signe un générique qui reste dans l’histoire.

Un super-héros

Batman est un super-héros, oui, mais peut-être le plus intéressant car vrai. Ce n’est pas une expérience scientifique improbable ou la venue d’une lune de Saturne qui lui donne ses « pouvoirs » (qui n’en sont pas vraiment d’ailleurs) mais sa volonté. La plupart des autres super-héros le sont devenus suite à leurs pouvoirs : ça leur donne un avantage et ils en profitent. Batman lui est en opposition avec ce système de culpabilité (« c’est mon devoir de défendre les honnêtes gens puisque j’ai des pouvoirs qu’ils n’ont pas ») car il a décidé d’acquérir des capacités pour combattre le mal. C’est le décès de ses parents qui le pousse à agir de la sorte : après leur assassinat, il cherche à combattre le crime pour éviter que ce genre de choses ne se reproduise et ça lui donne un côté vrai. Il suit un entraînement régulier afin d’acquérir la souplesse et la force physique nécessaire, et crée une panoplie de gadgets à faire rougir James Bond. Le plus célèbre reste la Batmobile, qui dispose d’un écran vidéo, est pare-balles (et même bien plus que ça avec les boucliers), télécommandée… Même si on peut douter que la réalisation de tous ces gadgets soit possible, il n’en reste pas moins que c’est bien plus crédible que les super-pouvoirs acquis grâce à une araîgnée génétiquement modifiée (Sam, ton film est malgré tout une réussite).

Des personnages marginaux

Comme toujours chez Burton, les principaux personnages se dégagent de par leur côté marginal. Il y a bien évidemment Batman, le plus marginal des gentils, le seul qui porte un masque et combat le crime. Du côté des méchants, c’est le Joker. Au premier niveau il est marginal parce qu’il baigne dans l’illégalité. Au second plan, il est marginal parce qu’il se distingue des autres méchants. D’abord par son apparence, son humour mais aussi parce qu’il fait pression sur les autres et qu’il fait cavalier seul. Et puis ses infractions prennent une autre tournure lorsqu’il devient le Joker. Les autres ne cherchent pas à détruire des œuvres d’art par plaisir ou à gazer la population. Burton s’intéresse donc au côté le plus inattendu du mal. Knox et Vale peuvent aussi être considérés comme marginaux. Ce sont les seuls qui croient au Batman. Et Vale est aussi particulière, d’abord parce que d’une beauté éblouissante (Joker et Wayne l’aiment tous les deux) et est la seule troublée par la tristesse de Bruce Wayne.

L’importance des parents

C’est la première fois que se manifeste clairement l’importance qu’ont les parents (ou l’absence de parents) sur le destin d’un personnage. Pee-Wee qui vit dans un univers enfantin sans parents pourrait être le premier, mais rien n’est exprimé aussi clairement que dans Batman. Le phénomène se reproduit juste après dans Edward Scissorhands. Batman justement devient justicier suite à l’assassinat de ses parents : ce fait se révèle primordial, tellement que Burton montre clairement l’assassinat dans le film.

La boucle est bouclée

! À partir d’ici il est obligatoire de voir le film auparavant !

L’histoire de Batman commence avec la mort de ses parents. Chronologiquement c’est le premier fait, et Batman naît justement dans un esprit de vengeance. Bruce Wayne a beau combattre le crime, il reste déterminé à retrouver l’assassin de ses parents. Dans son combat contre le crime, il cause la « mort » de Jack Napier, le Joker en étant une résurrection. Le film est le combat qui oppose ses deux hommes, qui devient une affaire personnelle ; pour le Joker dès qu’il identifie Batman comme son mal et pour Batman dès qu’il est provoqué par le Joker. L’affaire devient encore plus personnelle dès que Batman reconnaît en Jack Napier le meurtrier de ses parents. A la fin du film, le Joker fait remarquer à Batman qu’il l’a créé. Ce à quoi Batman répond une des plus meilleures répliques du cinéma « I made you, but you made me first ». La mort du Joker clôt d’une certaine manière l’histoire de Batman puisqu’il s’est enfin vengé. De plus, on retrouve encore une fois l’importance des parents : il y a une relation père-fils assez ambiguë entre Batman et Le Joker, puisque Napier est en quelque sorte le père de Batman, qui est lui-même le père du Joker.

Moins personnel ?

Première superproduction pour Burton, il découvre les pressions des producteurs. Est-ce que malgré ça, il peut donner un film aussi personnel que Beetlejuice ? Pour moi la réponse est oui. On pourrait reprocher le fait que Kim Basinger joue dans le film (dans le genre on met une beauté pour vendre le film) mais de l’autre côté il y a Michael Keaton dans le rôle du héros.
De plus Burton parvient à un équilibre entre Batman et Le Joker. Le Joker semble avoir été privilégié, ce à quoi Burton répond « Ce n’est pas vrai », alors que si, puisqu’on le voit tant que ça, attention tout de même que ce personnage est très extraverti et du genre « regardez-moi ! » donc il a beaucoup de présence à l’écran. Mais pas plus que Batman, d’où l’équilibre. En général on ne s’intéresse au méchant que pour montrer comment il est devenu méchant et les actes « répréhensibles » qu’il commet, alors que là on a droit aux pensées du Joker.
Il y aussi le côté très sombre que Burton parvient à imposer. Pour un film qui devrait pouvoir toucher les familles (du point de vue de la Warner) il n’est pas très joyeux. Mais c’est nécessaire, obligatoire : Gotham City est une ville rongée par le crime.
Malgré tout ça (en fait grâce à tout ça) le film sera un succès mondial, engrangeant plus de 500 000 000 $ de recettes dans le monde.

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5. Critique

Comme il est dit plus haut, les acteurs sont soit très bons, soit au moins efficaces : ils sont tous crédibles.
Un avantage de ce film de super-héros c’est que les personnages sont travaillés ; ils ont une personnalité plus profonde que le héros et la minette qui l’aime parce qu’il est le héros.
Basinger s’en tire relativement bien. Quant à Gough, on a l’impression d’avoir Alfred en face de nous !
La palme revient cependant au duo Nicholson-Keaton. Keaton parce que malgré son rôle de super-héros il lui ajoute une épaisseur de tristesse, de mélancolie rien que dans son regard. Lorsqu’il est habillé en Batman, on ne voit que ses yeux et ça suffit ! Quant à Nicholson, même s’il faut dire que son rôle n’est pas des plus compliqués à jouer, il donne au Joker toute son âme de salaud enfantin.

Passons sur les décors, tout simplement grandioses, et rapidement sur la musique, qui même si ce n’est pas le chef-d’œuvre d’Elfman, est une réussite complète : sombre, mystérieuse, rythmée, elle nous invite à entrer dans l’univers de Batman. Quant aux chansons de Prince, malgré ce qu’en dit Burton, elles ajoutent au côté déjanté du Joker; c’est peut-être bien un « surplus d’éléments », mais « un surplus d’éléments », ça ressemble à une définition du Joker.

La photographie de Roger Pratt ajoute elle aussi au côté sombre (décidément !). C’est une réussite. Sans doute n’est-elle pas très subtile mais elle magnifie les décors et démultiplie l’ambiance : même quand le Joker distribue ses billets à une foule en délire, il fait nuit noire.

Le scénario est particulièrement intéressant, car tout en nous en révélant beaucoup sur Batman, on en apprend autant sur le Joker. Des critiques reprochent évidemment à Burton cette mise en avant, mais comme il le dit :

Le Joker est un extraverti et Batman un introverti. Autrement dit, quoi que tu fasses, il est impossible qu’un équilibre existe entre ces deux énergies.

De plus le méchant dans ce type de film (et dans beaucoup d’autres) est à mon sens un personnage aussi important que le héros : sans lui, pas d’histoire.

Enfin terminons par la réalisation. Burton a le don d’exploiter chaque parcelle, on voit tout. Il fait de magnifiques plans larges de Gotham City, des plongées (même si pour çà un petit effet spécial pas très très discret est nécessaire, cf. Batman qui observe l’agression au début)… Il sait être tendre, insister sur la tristesse quand c’est nécessaire, mais aussi dynamiser les scènes d’action.
En conclusion, Batman, sans être un chef-d’œuvre, est un film excellent, très réussi, et on ne peut que se réjouir qu’à l’époque il ait réussi un tel film malgré la pression des studios, ce qui ne fut plus le cas 12 ans plus tard (cf. La Planète des Singes) …
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6. Anecdotes

L’actrice Sean Young était initialement castée par Tim Burton en 1989 pour interpréter Vicky Vale. Elle fut remplacée par Kim Bassinger suite à une chute à cheval et un bras cassé lors des répétitions. Elle convoitera plus tard le rôle de Catwoman, en vain.

Pour interpréter le Joker, Tim Curry, Willem Dafoe, David Bowie , James Woods et Robin Williams ont auditionné mais c’est finalement Jack Nicholson qui fut retenu pour le rôle.

Bien que Tim Burton avait déjà choisi Michael Keaton pour le rôle de Bruce Wayne/Batman, les producteurs avaient fait auditionner Mel Gibson, Kevin Costner, Charlie Sheen, Pierce Brosnan, Tom Selleck et Bill Murray. Finalement Tim Burton réussit à les convaincre que Keaton était l’acteur le plus adapté pour incarner le chevalier noir.

Le chanteur Prince, rencontra sur le plateau Kim Basinger avec laquelle il eut une liaison amoureuse d’environ une année.

On remarque une ressemblance avec la musique de Voyage au Centre de la Terre, la musique étant signée Bernard Herrmann que Danny Efman décrit comme son maître. Le thème principal du film ressemble fortement aussi à un air dans la seconde partie Les Nibelungen de Fritz Lang.

Le personnage d’Harvey Dent est, dans la mythologie “classique” de Batman, un homme blanc, mais il est joué par l’acteur afro-américain Billy Dee Williams, qui n’est autre que l’interprète de Lando Calrissian, personnage clef de la première trilogie de Star Wars. Ceci est loin d’être anodin car le procureur Dent (un des premiers alliés de Batman avec le commissaire Gordon) n’est autre que celui qui deviendra Double-Face, l’un des pires adversaires du justicier de Gotham City. Extrêmement secondaire dans ce film, il deviendra central dans Batman Forever sous les traits de Tommy Lee Jones.

Selon le film, le meurtrier des parents de Bruce Wayne n’est autre que Jack Napier, qui deviendra le Joker (qui est ainsi, lui-même, le créateur involontaire de Batman). Là encore, les scénaristes ont pris certaines libertés par rapport à la mythologie “classique” de Batman.

Batman tue dans le feu de l’action, ce qui ne correspond pas avec la vision moralisatrice du personnage, symbolisée par la série dite kitsch des années 1960. Il y risquait même parfois sa vie pour sauver celle de ses ennemis. Au contraire, sous la plume de Bob Kane dès la fin des années 1930, Batman tuait ses ennemis de sang-froid dans ses toutes premières aventures. Le film de Tim Burton renoue donc avec le côté sombre et torturé du personnage.

Le Joker est tué à la fin du film, alors qu’il est toujours vivant dans l’univers B.D. de Batman. De façon générale, les ennemis de Batman meurent presque tous à la fin des films.

Le personnage de Robin aurait du être présent dans le film, avec Kiefer Sutherland pour l’incarner. Mais ce dernier refusa la proposition, les scénaristes décidèrent de supprimer le personnage du scénario.

Le rôle interprété par Jack Nicholson, sera repris par Heath Ledger dans Batman The Dark Knight de Christopher Nolan en 2008.

Une citation célèbre du Joker juste avant qu’il ne tue ses ennemis : « N’as-tu jamais dansé avec le diable au clair de lune ? »

Michael Keaton et Jack Nicholson sont tous deux dans le classement 100 Héros et Méchants établi par l’American Film Institute en 2003.

7. Citations

On m’a souvent dit que je m’étais désintéressé de Batman pour mettre en avant le Joker; pareil dans Batman, le défi, au sujet du Pingouin et de Catwoman. C’est faux. Tous les personnages m’intéressent, leur dualité m’intéresse. Batman est un homme de l’ombre, et il désire y rester. Je me dois de respecter cette convention.

— Tim Burton, L’Événement du Jeudi, 10 au 16 février 2000

Michael Keaton est complètement cintré, c’est un maniaque, une pile électrique et il a des yeux incroyables. J’adore les yeux chez les gens, et il a une paire d’yeux proprement hallucinants.

— Tim Burton, Livre “Tim Burton par Tim Burton” (Mark Salisbury)

Il est fascinant de voir des comédiens se camoufler derrière un masque et ainsi révéler d’autres facettes d’eux-mêmes…

— Tim Burton, Livre “Tim Burton par Tim Burton” (Mark Salisbury)

De tous les films que j’ai réalisés, c’est celui dont je me sens le moins proche. Pourtant je m’en sentais proche au départ mais ce sentiment s’est étiolé avec les difficultés.

— Tim Burton, Livre “Tim Burton par Tim Burton” (Mark Salisbury), p. 115

8. Nominations & Récompenses

  • Oscars 1990 : Meilleure direction artistique/décors (Anton Furst, Peter Young)
  • Golden Globes 1990 : Meilleure performance d’acteur dans une comédie ou une comédie musicale (Jack Nicholson)
  • Grammy Awards 1990
    • Meilleur album instrumental écrit pour le cinéma ou la télévision (Danny Elfman)
    • Meilleure chanson écrite spécifiquement pour le cinéma ou la télévision (Prince, avec “Partyman”)
  • Academy of Science Fiction, Fantasy & Horror Films 1991
    • Meilleur acteur (Jack Nicholson)
    • Meilleurs costumes (Bob Ringwood)
    • Meilleur film de fiction
    • Meilleur maquillage (Paul Engelen, Lynda Armstrong, Nick Dudman)
    • Meilleur actrice secondaire (Kim Basinger)
  • ASCAP Film and Television Music Awards 1990 : Most Performed Songs from Motion Pictures (Prince, for the song “Partyman”.)
  • BMI Film & TV Awards 1990 : BMI Film Music Award pour Danny Elfman
  • Brit Awards [Angleterre] 1990 : Meilleure bande originale
  • Evening Standard British Film Awards 1990 : Meilleure réalisation technique/artistique (Anton Furst)
  • People’s Choice Awards 1990
      • Film préféré
      • Film dramatique préféré

9. Liens Externes

  • Batman sur IMDB (En)
  • Batman sur Wikipedia (En|Fr)
  • Batman sur Allociné (Fr)
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