9 sept 2009
EviLQuick vient de mettre en ligne sur Youtube le poĂšme original Nightmare Before Christmas (ayant inspirĂ© le film Ă©ponyme), et ça vaut le coup d’oeil !
(Lire la suite…)
6 avr 2009
Burtoniens, Burtoniennes, j’ai l’immense honneur de lancer la premiĂšre Ă©tape du Marathon Tim Burton. Ce mois-ci est mĂȘme plutĂŽt chargĂ© puisque ce sont exceptionnellement trois films qui sont mis Ă l’honneur. Alors mettez votre plus beau nĆud papillon rouge, sortez votre intĂ©grale d’Edgard Poe, et rendez-vous au moulin du mini-golf pour un mois de folie! Avril sera donc placĂ© sous le signe de Vincent, Frankenweenie et Pee-Wee’s Big Adventure.
Commençons par le commencement. En 1982, notre cher Timmy n’est qu’un animateur et superviseur des effets visuels de chez Disney parmi tant d’autres, Ă cela prĂšs qu’il a bien du mal Ă s’intĂ©grer Ă des Ă©quipes oĂč on lui demande de dessiner des petits renards mignons… Il trompe donc l’ennui en gribouillant des bestioles bizarres et en s’enfermant occasionnellement dans un placard, entre deux siestes Ă sa table Ă dessins. Le jeune homme semble ainsi condamnĂ© Ă un Ă©ternel et Ă©trange supplice, autorisĂ© Ă dessiner tout ce qu’il veut sans que cela ne soit jamais utilisĂ© dans un film. Il finit cependant par attirer l’attention de deux responsables de chez Disney, Julie Hickson et Tom Wilhite, qui acceptent de lui cĂ©der quelques dizaines de milliers de dollars pour faire un court-mĂ©trage en stop-motion qui servirait de test au studio, toujours Ă la recherche de nouveaux supports dans le film d’animation.
Burton ressort donc de ses cartons un poĂšme en vers Ă©crit sur le modĂšle du cĂ©lĂšbre auteur amĂ©ricain de livres pour enfants, le Dr. Seuss. Il avait Ă la base prĂ©vu d’en faire lui-mĂȘme un livre pour enfants, mais prĂ©fĂšre sauter sur l’opportunitĂ© qu’on lui offre de bidouiller des marionnettes comme l’un de ses hĂ©ros, Ray Harryhausen. Il lui faut alors deux mois pour rĂ©aliser Vincent, une expĂ©rience enrichissante qui lui permit de rencontrer Rick Heinrichs, devenu depuis un de ses habituĂ©s, mais Ă©galement l’acteur amĂ©ricain Vincent Price, surtout connu pour ses rĂŽles dans les films d’horreur de Roger Corman dans les annĂ©es 60, et qui fascine Burton depuis sa plus tendre enfance. L’homme accepte de prĂȘter sa voix caverneuse au narrateur du film, et une vĂ©ritable connexion s’Ă©tablit entre les deux hommes, dĂ©but d’une amitiĂ© bien plus forte qu’une simple relation fan/idole et qui durera jusqu’Ă la mort de Price.
Vincent aborde donc dĂ©jĂ une grande partie des obsessions et rĂ©fĂ©rences de son auteur, Ă travers l’histoire d’un petit garçon obsĂ©dĂ© par Vincent Price et Edgard Poe, jusqu’Ă ce qu’il ne parvienne plus Ă dĂ©mĂȘler le rĂȘve de la rĂ©alitĂ©. Burton dĂ©clare avoir dĂ©couvert Poe Ă l’Ă©cole et s’ĂȘtre senti trĂšs proche de son Ćuvre puisque « ses phrases n’avaient pas vraiment de sens d’un point de vue logique, mais pourtant on comprenait tout ce qu’il voulait dire Ă travers les ambiances Ă©voquĂ©es. » (Studio juillet 95) La fin du film, trĂšs sombre, reste d’ailleurs ouverte Ă plusieurs interprĂ©tations, ce qui pour son rĂ©alisateur est bien moins dĂ©primant que le happy end forcĂ© que l’on a tentĂ© un moment de lui imposer.
Une fois le film terminĂ©, Disney ne sait pas trop quoi en faire, il le place pendant deux semaines en premiĂšre partie d’un film pour ados, Tex, avant de lui faire regagner les cartons. Le court-mĂ©trage recevra pourtant un trĂšs bon accueil critique et mĂȘme des prix aux festivals de Chicago et d’Annecy, avant de disparaĂźtre de la circulation, jusqu’en 1994 oĂč, faisant preuve d’un rare manque de discernement, Disney le ressortira sur la cassette de L’Ătrange NoĂ«l de Monsieur Jack, contribuant ainsi Ă traumatiser des gĂ©nĂ©rations de petits burtoniens en herbeâŠ
Tim Burton retourne ensuite Ă sa tĂąche d’homme de main de Disney, mais deux ans plus tard, il a pour la premiĂšre fois l’opportunitĂ© de diriger des acteurs professionnels dans un nouveau court-mĂ©trage, Frankenweenie. A travers ce film, il souhaite montrer qu’il y a pour lui un lien indĂ©niable entre la banlieue amĂ©ricaine telle que celle oĂč il a grandi, et l’univers gothique des vieux films d’horreur et de la littĂ©rature anglo-saxonne du XIXĂšme siĂšcle. Il Ă©labore ainsi, avec l’aide de Lenny Ripp, l’histoire d’un petit garçon qui ressuscite son chien, Sparky, Ă l’aide d’un procĂ©dĂ© digne du Dr. Frankenstein⊠Burton refuse cependant le « reco-pillage » facile: plutĂŽt que de partir d’Ă©tudes et d’Ă©lĂ©ments prĂ©cis des oeuvres qui l’inspirent, comme le Frankenstein de James Whale, il prĂ©fĂšre se baser sur les impressions et les souvenirs que ces films lui ont laissĂ©s, faisant toujours passer ses rĂ©fĂ©rences Ă travers le prisme de ses Ă©motions.
Frankenweenie doit alors ĂȘtre montrĂ© avant Pinocchio lors de sa ressortie en salles cette annĂ©e-lĂ , jusqu’Ă ce que la censure lui inflige un PG (interdit aux moins de 12 ans), achevant de le rendre impossible Ă distribuer. Burton ne comprendra jamais cette rĂ©action puisque, selon lui, Pinocchio contient bien son lot de scĂšnes effrayantes et a probablement traumatisĂ© plus d’enfants que ne le fera jamais Frankenweenie… Le film sera cependant briĂšvement projetĂ© au Royaume-Uni en accompagnement d’une sorte de prĂ©curseur de Jurassic Park, Baby: Secret of the Lost legend, avant de disparaĂźtre de la circulation, jusqu’Ă la sortie VHS de Batman, le DĂ©fi sur laquelle on pourra un moment le retrouver.
LassĂ© de passer son temps Ă rĂ©aliser des films qui ne sortent jamais, Burton quitte enfin Disney, et grĂące Ă une amie Ă Warner Bros, Bonnie Lee, il obtient Ă 26 ans la possibilitĂ© de rĂ©aliser son premier long mĂ©trage, Pee-Wee’s Big Adventure. BasĂ© sur une Ă©mission pour enfant qui fait un carton Ă l’Ă©poque, Pee-Wee doit avant tout mettre en avant l’univers du crĂ©ateur et interprĂšte du personnage, Paul Reubens, mais Burton se dĂ©couvre une telle connexion avec ce monde dĂ©lirant et ce personnage de grand enfant qui part Ă travers l’AmĂ©rique Ă la recherche de son vĂ©lo, qu’il se sent parfaitement dans son Ă©lĂ©ment. Le tournage est quasi-idyllique, malgrĂ© quelques pressions du studio leur demandant de finir le film le plus rapidement possible, le jeune rĂ©alisateur s’en donne Ă cĆur joie, ajoutant quelques trouvailles visuelles, en amĂ©liorant d’autres, dĂ©couvrant le plaisir d’avoir des acteurs spĂ©cialistes de l’improvisation au sein de son casting, ce qui apporte son lot de surprises et de scĂšnes inattendues. C’est Ă©galement l’occasion pour lui de rencontrer celui qui va ensuite devenir un de ses plus fidĂšles collaborateurs: pour la musique du film, il dĂ©cide de s’adresser Ă Danny Elfman, chanteur d’Oingo-Boingo, un groupe qu’il apprĂ©cie particuliĂšrement. C’est pour lui une rĂ©vĂ©lation, et la premiĂšre fois que la musique devient un personnage Ă part entiĂšre de son film.
Lorsque Pee-Wee’s Big Adventure sort aux Ătats-Unis au cours de l’Ă©tĂ© 1985, les critiques sont assez unanimement nĂ©gatives, ce qui n’empĂȘche pas Tim Burton d’assumer jusqu’Ă aujourd’hui son amour pour ce film qu’il a pris tant de plaisir Ă faire. Il prĂ©fĂšre voir la chose du bon cĂŽtĂ©: aprĂšs tout, se faire descendre par la critique sur son premier film, ça met largement moins la pression que si on vous dit que vous ĂȘtes le nouvel Orson WellesâŠ
29 mar 2009
Tout part d’une idĂ©e excellente d’Eledhwen sur le forum. Puisque Alice aux Pays des Merveilles, version Tim Burton, sort sur nos Ă©crans dans tout pile un an (5 mars aux USA, 24 mars en France), pourquoi ne pas profiter du compte Ă rebours pour se repasser toute sa filmographie jusqu’Ă la sortie du film ?
Le dĂ©fi parfait pour voir ou revoir chacun d’entre eux en attendant l’arrivĂ©e du Lapin Blanc…
Chaque mois, un nouveau film de Tim Burton sera ainsi mis Ă l’honneur. L’occasion de voir ou revoir ce film, de le resituer dans la filmographie de son auteur, mais aussi d’en reparler sur le forum. Un topic spĂ©cifique dĂ©diĂ© Ă ce film sera ouvert pour pouvoir accueillir vos rĂ©actions.
Et on continue comme ça jusqu’Ă la sortie d’Alice !
Chacun de ces topics restera par la suite Ă©pinglĂ© dans le forum, formant une sorte de journal de bord de ce dĂ©fi…
Une prise de température de la filmographie de Tim Burton vue sur cette période définie !
Une bonne occasion Ă©galement de relire chaque dossier dĂ©diĂ© du site, et d’y laisser des commentaires concernant des inexactitudes ou mĂȘme de les complĂ©ter.
Allez… 3… 2… 1… Partez !
7 oct 2008
DĂ©cidĂ©ment, s’il fut un temps oĂč Disney planquait tout ce que Tim Burton faisait dans ses tiroirs (sans toutefois remettre en cause son talent), il en est tout autre maintenant !
Cela fait quelques annĂ©es dĂ©jĂ que, Ă l’instar de Spongebob Squarepants, tout ce qui peut ĂȘtre estampillĂ© Nightmare Before Christmas est bon Ă vendre… Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire.
Aujourd’hui sortait Nigthmare Revisited, quasiment en mĂȘme temps que le Blu-ray du film, un cd comprenant les chansons du film; revisitĂ©es par d’autres artistes.
(Lire la suite…)
2 sept 2008
2 sept 2008
30 juil 2008
Il grandit dans la maison familiale de Burbank, une petite ville Californienne situĂ©e aux alentours de Los Angeles qui avait pour particularitĂ© d’accueillir bon nombre de studios de cinĂ©ma trĂšs renommĂ©s tels Columbia, Warner Bros. et surtout Disney.
Bien que Burbank puisse sembler ĂȘtre un endroit particuliĂšrement excitant pour le futur rĂ©alisateur que sera Tim Burton; il n’en garde que le souvenir d’une ville plutĂŽt paisible mais sans Ăąme, peuplĂ©e de gens Ă la normalitĂ© dĂ©concertante et Ă l’ouverture d’esprit toute relative, figure d’une certaine AmĂ©rique qu’il s’essaiera plusieurs fois Ă dĂ©noncer dans son travail ultĂ©rieur.
Introverti et Ă©prouvant des difficultĂ©s autant Ă la maison qu’Ă l’Ă©cole, il passe le plus clair de ses temps libres Ă regarder des films de monstres et d’horreur, Ă la tĂ©lĂ© ou au cinĂ©ma. Il y dĂ©couvre donc un certain cinĂ©ma qui aura une influence cruciale sur sa carriĂšre Ă venir, Ă travers les films de la Hammer (un studio anglais qui produisit des films d’horreurs « gothiques » depuis la fin des annĂ©es 50 aux annĂ©es 70), l’emblĂ©matique acteur Vincent Price (auquel il rendra plus tard hommage et qui deviendra son ami) ou l’excentricitĂ© du rĂ©alisateur Ed Wood (au sujet duquel il fera Ă©galement un film).
Quand tu es plus jeune, tu crĂ©es ta propre mythologie et tu dĂ©termines ce qui te touche. Et ces films, leur poĂ©sie, ces personnages plus grands que nature qui traversaient tant de tourments â la plupart imaginaires â m’interpelaient comme d’autres enfants ont pu ĂȘtre interpelĂ©s par les films de Gary Cooper ou John Wayne.»
A part cela, il est un enfant comme les autres, qui aime dessiner, jouer ou regarder passer les avions dĂ©collant et atterrissant de l’aĂ©roport tout proche.
Quelques faits anecdotiques marquent tout de mĂȘme son enfance, comme le fait de terroriser son petit voisin en lui faisant croire Ă l’invasion imminente des martiens; ou encore le fait que ses parents aient murĂ©, pour une raison inconnue, la fenĂȘtre de sa chambre donnant vue sur le jardin. Il se voyait alors obligĂ© d’escalader son bureau pour pouvoir apercevoir l’extĂ©rieur, Ă©vĂ©nement qu’il associa « Ă la nouvelle d’Edgar Allan Poe oĂč un homme est emmurĂ© vivant et brĂ»lĂ© vif. VoilĂ le genre de sentiments que j’Ă©prouvais Ă l’Ă©gard de mon monde. Burbank, cet endroit mystĂ©rieux!« .
S’entendant apparemment peu avec sa famille, il quitte la maison familiale Ă 12 ans, et s’en va vivre chez sa grand-mĂšre, qui lui louera ensuite un petit studio Ă ses 16 ans.
En 1976, alors ĂągĂ© de 18 ans, Tim et son talent trĂšs prĂ©coce sont repĂ©rĂ©s par des chasseurs de tĂȘtes travaillant pour Disney et il obtient une bourse pour intĂ©grer CalArts (California Institute for the Arts), une Ă©cole fondĂ©e par le studio pour constituer un « rĂ©servoir » de talents dont beaucoup travailleront ensuite au sein de la cĂ©lĂšbre entreprise.
Il y rencontrera certaines pointures actuelles (John « Pixar » Lasseter, Brad Bird, John Musker, Glen Keane…) et quelques uns de ses futurs collaborateurs, dont Rick Heinrichs ou encore Henry Selick (rĂ©alisateur de l’Ătrange NoĂ«l de Mr Jack) qu’il cĂŽtoiera au cours d’animation expĂ©rimentale enseignĂ© par Jules Engel.
S’il supporte mal l’enseignement « militaire » de l’Ă©tablissement, il y rĂ©alise Stalk of The Celery Monster par lequel il se fera remarquer avant d’ĂȘtre embauchĂ© comme animateur dans le studio.
Il y passera trois annĂ©es difficiles, incapable d’intĂ©grer les « codes » formatĂ©s du studio et faisant preuve d’une tĂ©nacitĂ© Ă toute Ă©preuve en refusant de faire des concessions sur ses opinions artistiques, et comprenant mal qu’on exige de lui et de ses collĂšgues d’ĂȘtre « Ă la fois un artiste et un zombie oeuvrant sans personnalitĂ©. Il faut ĂȘtre quelqu’un d’unique pour pouvoir faire coexister ces deux Ă©tats dans un mĂȘme cerveau. »
Il y travaillera entre autres sur Tron (non crĂ©ditĂ©, en tant qu’animateur), The Lords of The Rings (non crĂ©ditĂ©, en tant qu’intervalliste), ainsi que sur Rox et Rouky (en tant qu’animateur) :
Je n’arrivais mĂȘme pas Ă imiter le style Disney. Les miens [renards] ressemblaient Ă une route dĂ©foncĂ©e.(âŠ) J’avais l’impression de subir le supplice de la goutte d’eau. (âŠ) Je n’avais pas la force d’endurer cela, c’Ă©tait au-dessus de mes forces.
Il adapte son comportement en consĂ©quence, dormant souvent entre 8 et 10 heures par jour, auxquelles il faut ajouter jusqu’Ă parfois 4 heures de sommeil supplĂ©mentaires pendant ses heures de travail, les yeux clos mais bien assis derriĂšre sa planche Ă dessin, le crayon Ă la main, prĂȘt Ă gribouiller Ă la moindre entrĂ©e inattendue dans son bureauâŠ
Je me comportais de maniĂšre Ă©trange (âŠ). Je m’installais frĂ©quemment au fond d’une armoire dont je ne sortais pas, ou je m’asseyais sur mon bureau â ou en-dessous â, ou je faisais des trucs Ă©tranges comme me faire arracher une dent de sagesse et inonder de sang les couloirs. Mais je suis arrivĂ© Ă dĂ©passer ce stade. Je ne m’enferme plus dans une armoire. J’Ă©tais gardĂ© Ă distance respectable, mais j’avais la paix.
Ensuite, il accĂšde avec un bonheur relatif Ă un poste d’artiste-concepteur sur Taram et le Chaudron Magique, ce qui lui permet de jeter librement sur papier ses idĂ©es fantasques, indĂ©pendamment du fait qu’aucune ne sera retenue pour le film. Burton dĂ©marre une petite dĂ©pression.
J’ai Ă©puisĂ©, pendant cette pĂ©riode, mon rĂ©servoir d’idĂ©es pour 10 ans. Lorsqu’au bout de toutes ces annĂ©es, je me suis rendu compte qu’ils n’avaient rien utilisĂ©, ça m’a fait tout bizarre. Je me sentais comme une princesse prisonniĂšre. Je pouvais dessiner tout ce que je voulais, mais j’avais l’impression d’ĂȘtre dans une cellule que la lumiĂšre du jour n’Ă©clairait jamais.
AprÚs cette période difficile, il finit pourtant par obtenir le soutien de Julie Hickson et Tom Wilhite, respectivement productrice exécutive et responsable du développement créatif chez Disney.
Ils rĂ©ussiront Ă dĂ©bloquer eux-mĂȘme, de maniĂšre plus ou moins subversive, les fonds (60 000 $) qui permettront Ă Tim Burton de rĂ©aliser un petit bijou d’animation basĂ© sur un poĂšme qu’il voulait Ă la base Ă©diter en livre : Vincent.
Ce film en stop-motion met en scÚne un enfant, Vincent Malloy, partagé entre sa vraie vie de petit garçon (à laquelle lui rappelle à plusieurs reprises sa mÚre) et son identification à Vincent Price, le héros de Tim Burton.
Une voix off, celle de l’acteur lui-mĂȘme que Burton arrivera Ă associer au projet, rĂ©cite sur les images le poĂšme Ă©crit par Tim sur un ton proche des textes d’Edgar Allan Poe, dont il emprunte une citation, en clĂŽture le court-mĂ©trage.
Tim Burton deviendra un ami de Vincent Price et lui confiera plusieurs rĂŽles, de mĂȘme qu’il commença un documentaire -jamais terminĂ©- sur lui, Conversations with Vincent.
J’ai toujours gardĂ© contact avec lui [Vincent Price], mĂȘme de façon relĂąchĂ©e (âŠ) Il faisait partie de cette gĂ©nĂ©ration de gens avec qui on reste toujours connectĂ© mĂȘme s’il arrive qu’on ne se voit pas rĂ©guliĂšrement. (âŠ) Il Ă©tait trĂšs encourageant. J’avais toujours l’impression qu’il comprenait exactement le propos du film, peut-ĂȘtre mĂȘme plus que moi (âŠ). Il en comprenait la psychologie sous-jacente.
Parmi les 3 collaborateurs Ă la rĂ©alisation du film, notons la prĂ©sence de Rick Heinrich qui sera l’un des « fidĂšles » de Tim Burton tout au long de sa carriĂšre et qui aidera Ă dĂ©finir son style visuel.
Ensuite, toujours pour le compte de Disney et la mĂȘme annĂ©e, il tourne son premier film « live », Frankenweenie, toujours produit par Julie Hickson.
Ce moyen-mĂ©trage est une variation du film Frankenstein oĂč un enfant joue les apprentis sorciers en faisant ressusciter son chien aprĂšs que celui-ci se soit fait renversĂ© par une voiture.
Il dirige Shelley Duvall (Shining) et la toute jeune Sofia Coppola (dans un rĂŽle secondaire).
NĂ©anmoins, ces deux essais -rĂ©ussis-, trop atypiques par rapport Ă la ligne rigide du studio qui se cherche encore peu de temps aprĂšs la mort de Walt, sont relĂ©guĂ©s au fond des tiroirs de Disney et ne connaĂźtront qu’une diffusion marginale (Vincent devait initialement ĂȘtre projetĂ© en premiĂšre partie de Pinocchio), entre autres dans des festivals d’animation dont celui de Bruxelles en 1984.
Burton y recevra un trĂšs bon accueil et se dira plus tard redevable Ă la Belgique Ă ce titre.
Frankenweenie lui aussi rĂ©compensĂ©, se voit Ă©galement condamnĂ© aprĂšs avoir Ă©tĂ© classĂ© « PG » (interdit aux moins de 12 ans) par la censure.
Burton ne digérera pas le choc.
Dans la foulĂ©e de Vincent et Frankenweenie, il rĂ©alise Ă©galement avec 166 000$ Hansel & Gretel, adaptation « kung fu » (oĂč les hĂ©ros sont jouĂ©s par deux asiatiques) du conte des frĂšres Grimm qui sera diffusĂ© une nuit d’Halloween sur Disney Channel, remportant un succĂšs mitigĂ©.
C’est Ă©galement chez Disney que Tim Burton jette les premiĂšres bases d’une histoire se dĂ©roulant Ă « Halloweenland » et mettant en scĂšne un certain Jack Skellington… Mais ceci est pour plus tard!
Las qu’on lui reconnaisse ouvertement son talent mais qu’on se refuse Ă l’exploiter en raison d’une ligne politique et artistique « trop sage », il claque la porte des studios en 1984 et en garde depuis un souvenir amer.
Ce qui ne l’empĂȘche pas d’entretenir avec eux une relation Ă©troite et ambigĂŒe, sorte de « je t’aime – moi non plus » : comme l’explique trĂšs bien Mathieu-Alexandre Jacques dans « L’Ă©nonciation de l’interdit – ou comment Tim Burton a dynamitĂ© de l’intĂ©rieur les formations imaginaires proposĂ©es par Disney« , le rĂ©alisateur intĂšgre en effet trĂšs bien le « monde de Disney », qui figure chez lui une prĂ©sence spectrale, sorte d’ombre dont le crĂ©ateur de Batman ne semble pouvoir s’Ă©manciper totalement.
Il connaĂźt parfaitement la « grammaire » du studio, et partage certaines de ses thĂ©matiques (le merveilleux, par exemple), mais qu’il aborde sous un tout autre angle.
Le manichĂ©isme Disneyien n’existe par contre pas chez Tim Burton, qui prĂ©fĂšre mettre en scĂšne des personnages Ă la psychologie plus complexe, qui ne sont ni tout Ă fait bons, ni tout Ă fait mĂ©chants (sa Catwoman est une incarnation parfaite de cette affirmation).
Vincent et Frankenweenie attirent l’attention de l’industrie du cinĂ©ma, et il est approchĂ© par Griffin Dunne pour rĂ©aliser After Hours.
Martin Scorsese, qui est Ă l’Ă©poque en stand-by alors qu’il essaie de rĂ©unir les fonds pour sa DerniĂšre Tentation du Christ, se montre Ă©galement intĂ©ressĂ© par le projet.
Burton, fair-play, lui cédera le passage.
Peu de temps aprĂšs, c’est Paul Reubens, animateur d’une Ă©mission tĂ©lĂ© pour enfants, qui vient trouver Burton pour rĂ©aliser une adaptation de son Pee Wee Herman Show.
Tim Burton accepte le pari et s’entoure d’une bonne Ă©quipe technique.
C’est la premiĂšre fois qu’il a affaire avec un gros studio hollywoodien, en l’occurrence la Warner Bros.
Pour la musique du film, il fait appel au chanteur du groupe Oingo Boingo, Danny Elfman, qu’il avait dĂ©jĂ vu en concert alors qu’il Ă©tait Ă©tudiant.
Bien que peu sĂ»r de lui du fait de son absence de formation musicale « traditionnelle », Elfman se rĂ©vĂ©lera ĂȘtre un compositeur de bandes originales particuliĂšrement prolifique, autant pour Tim Burton que sur d’autres films ou sĂ©ries tĂ©lĂ©.
Warner Bros. Ă©tait prĂȘt Ă prendre des risques sur Pee Wee’s Big Adventure, parce que le budget du film Ă©tait minuscule. Ils ont pariĂ© sur moi. Ils ont pariĂ© sur Danny. (âŠ) Quand je l’ai entendue jouĂ©e [la musique] par un orchestre, ça a Ă©tĂ© un choc. Ăa a Ă©tĂ© une des expĂ©riences les plus mĂ©morables de mon existence. C’Ă©tait la premiĂšre fois que la musique Ă©tait un personnage Ă part entiĂšre d’un de mes films.
Il forme avec Elfman l’un de ces grands couples rĂ©alisateur/compositeur tels que Hitchcock/Herrmann, Fellini/Rota ou Spielberg/Williams.
L’Ătrange NoĂ«l de Mr Jack est une Ă©tape particuliĂšre puisque la participation d’Elfman y est majeure (importance narrative de la musique et des chansons) et endosse le rĂŽle de Jack lors des chansons.
NĂ©anmoins, Burton refuse Ă Elfman le rĂŽle « parlĂ© » de Jack, ce qui sera Ă l’origine d’une dispute qui aboutira Ă une rupture, le temps d’un film (Ed Wood), entre les deux artistes.
C’est en effet Ă Howard Shore que Burton fera appel.
Burton dĂ©clare avoir Ă©tĂ© trĂšs en phase avec Pee Wee’s Big Adventure, affectionnant l’univers de Pee Wee l’homme-enfant, son imagerie⊠et le fait que sa prĂ©occupation majeure ne soit pas de sauver le monde, mais de⊠retrouver sa bicyclette.
Il arrivera à insuffler dedans sa touche personnelle et à relever des thématiques qui lui sont chÚres.
Sa complicité avec Paul Reubens fut trÚs importante :
Si Paul et moi n’avions pas eu les mĂȘmes goĂ»ts, ou n’avions pas Ă©tĂ© en osmose, ça aurait Ă©tĂ© un vĂ©ritable cauchemar, d’autant plus qu’Ă cette Ă©poque de ma vie j’avais du mal Ă communiquer. J’aurais mĂȘme Ă©tĂ© virĂ©, car la star c’Ă©tait lui.
Le film ne sera pas un chef-d’Ćuvre, mais fut un succĂšs au box-office (rapportant 40 000 000 $ soit 7 fois son investissement de dĂ©part) et accrĂ©dite Tim Burton en tant que rĂ©alisateur de longs-mĂ©trages, malgrĂ© une critique partagĂ©e et mĂȘme parfois mĂ©chante.
Il y a [dans l'industrie du cinĂ©ma] tellement de forces qui peuvent te dĂ©molir – les critiques, le box-office et le film lui-mĂȘme – que ça t’oblige Ă garder une certaine humilitĂ©, Ă garder les pieds sur terre.
Il dirige par la suite deux petits tĂ©lĂ©films, l’un Ă©tant un remake de The Jar pour l’Ă©mission Alfred Hitchcock Presents, et l’autre, Aladdin and his Wonderful Lamp, adaptation du cĂ©lĂšbre conte des 1001 nuits pour le Faerie Tale Theatre.
L’hĂŽtesse de ce show n’est autre que Shelley Duvall, qui fut prĂ©cĂ©demment dirigĂ©e par Burton dans Frankenweenie.
Ces deux rĂ©alisations sont assez mineures dans sa filmographie, disposant de faibles budgets et de dĂ©lais assez courts. Tim Burton comprendra, en les rĂ©alisant, qu’il a du mal Ă s’approprier un matĂ©riau duquel il ne se sent pas proche, et cela sera dĂ©sormais un critĂšre primordial dans ses choix de rĂ©alisateur.
Cependant, Aladdin… comporte quelques sĂ©quences oĂč l’empreinte de Tim Burton est clairement visible.
Les deux projets suivant de Tim Burton assoieront le rĂ©alisateur Ă Hollywood, faisant preuve d’une capacitĂ© Ă transformer les projets difficiles en succĂšs mondiaux.
CĂŽtĂ© vie privĂ©e, sa relation avec Julie Hickson, de qui il Ă©tait trĂšs proche chez Disney avant que leur relation n’Ă©volue en idylle, prend fin peu aprĂšs la sortie de Pee Wee. Cela aurait marquĂ© un tournant important dans sa vie (d’aprĂšs Vanity Fair).
AprĂšs avoir refusĂ© une sĂ©rie de mauvais scripts, il tombe sur Beetlejuice, une comĂ©die macabre d’aprĂšs une histoire de Michael McDowell et Larry Wilson.
Tim Burton y exploite fortement le potentiel comique ainsi que les personnages de Betelgeuse et de Lydia, qui devaient originellement occuper une moindre place.
En effet, le film d’origine devait Ă la base s’appeler The Maitlands et ĂȘtre rĂ©alisĂ© par le maĂźtre du film d’horreur, Wes Craven (Nightmare on Elm Street, Scream).
Beetlejuice marque Ă©galement la rencontre de Tim Burton avec Michael Keaton (Betelgeuse) et Winona Ryder (Lydia), Ă qui il confiera par la suite d’autres rĂŽles en or.
Il y dirige Ă©galement Catherine O’Hara, Jeffrey Jones et Glenn Shadix, acteurs rĂ©currents de sa filmographie.
En 1979, la Warner avait acquis les droits d’adaptation du comics de Bob Kane, Batman.
Tim Burton, toujours sous contrat dans le studio, incarne Ă leurs yeux la personne qui saura sublimer ce personnage mythique de la culture amĂ©ricaine, passant devant Joe Dante (Gremlins) et d’autres rĂ©alisateurs approchĂ©s dans un premier temps.
Il avait en effet Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© que le projet lui serait cĂ©dĂ© s’il rĂ©pĂ©tait un deuxiĂšme succĂšs au box-office aprĂšs Pee Wee, condition remplie avec la rĂ©ussite de Beetlejuice.
Si Batman sera une rĂ©ussite, c’est le premier film d’une longue sĂ©rie dans laquelle Tim Burton sera confrontĂ© Ă des problĂšmes de divergences d’opinions face aux studios.
Ici, la Warner, appuyée par des milliers de lettres de fans mécontents, remet en cause le choix de faire endosser le costume de la chauve-souris à Michael Keaton.
L’acteur est en effet Ă l’Ă©poque fichĂ© « comique » et dispose en outre d’un physique assez standard.
Ce dernier aspect est, selon Burton, primordial : pour lui, Batman n’est pas un super-hĂ©ros au sens propre du terme (c’est-Ă -dire possĂ©dant des super-pouvoirs), mais un homme ordinaire (avec un physique ordinaire, donc) qui endosse un costume de justicier.
En outre, Tim Burton s’Ă©loigne fortement du Batman kitsch et lisse des adaptations existantes (la cĂ©lĂšbre sĂ©rie tĂ©lĂ© des annĂ©es 60 avec Adam West) et propose un personnage trĂšs sombre et tourmentĂ©, en cela beaucoup plus proche du comics original et surtout des travaux de Frank Miller et Alan Moore des annĂ©es 80.
Il fallut mĂȘme, pour calmer les ardeurs des fans, diffuser une premiĂšre bande-annonce montĂ©e Ă partir des rushes et prouvant la qualitĂ© du travail accompli.
En dépit de tout cela, le film fut le seul de toutes les adaptations de Batman à gagner un Oscar, remis à Anton Furst pour les décors.
Les campagnes de marketing et de merchandising associĂ©es Ă la sortie du film furent Ă©galement d’une ampleur encore inĂ©dite Ă l’Ă©poque, et le film rapporta plus de 10 fois son investissement initial de 40 millions de dollars, devenant l’un des plus gros hits de tous les temps au box-office.
Batman eut également une influence importante sur les autres films de super-héros à venir.
Fort de ces Ă©normes succĂšs, Burton entre dans les annĂ©es 90 fraĂźchement mariĂ© (le 24 fĂ©vrier 1989) avec l’artiste allemande Lena Gieseke et en ayant gagnĂ© la confiance du public et des studios. Il se tourne dĂšs lors vers des films plus personnels et aux budgets moindres; considĂ©rĂ©s par beaucoup comme ses meilleurs.
A commencer par Edward Aux Mains D’Argent, un conte merveilleux (au sens propre du terme) co-Ă©crit avec Caroline Thompson d’aprĂšs une idĂ©e originale de Tim Burton.
L’histoire, comme la plupart de ses films de l’Ă©poque, comporte une dimension fortement autobiographique.
Les influences principales du scĂ©nario proviennent de Frankenstein, La Belle Et La BĂȘte, Le FantĂŽme De L’OpĂ©ra et enfin de Der Struwwelpeter, un conte allemand du 19Ăšme siĂšcle traitant du fait de bien se comporter et oĂč un enfant refuse, par exemple, de se laver ou… de se couper les ongles.
La Warner, qui avait produit les 3 films prĂ©cĂ©dents de Burton, se montre peu intĂ©ressĂ©e et c’est donc la Fox qui dĂ©cide de l’aider Ă monter son projet.
Pour l’acteur principal, le studio propose un acteur trĂšs en vogue Ă l’Ă©poque, Tom Cruise.
Burton, peu emballĂ©, accepte de le rencontrer mais jettera finalement son dĂ©volu sur celui qui, Ă l’Ă©poque, Ă©tait surtout connu pour son rĂŽle de playboy dans la sĂ©rie teenage 21 Jump Street : Johnny Depp.
Leur rencontre, racontée par Depp dans la préface du livre Burton on Burton de Mark Salisbury, provoque des étincelles.
Le beau gosse de la tĂ©lĂ© incarnera un Edward tout en finesse, et deviendra l’ami de Burton, son complice et son alter ego Ă l’Ă©cran; par la mĂȘme occasion qu’il dĂ©marrera au cinĂ©ma la carriĂšre qu’on lui connaĂźt.
Les costumes, qui ont dans ce film une importance toute particuliÚre, seront réalisés par Colleen Atwood qui deviendra une « réguliÚre » de Tim Burton.
Le film frappe les esprits de par sa poĂ©sie, sa musique et sa beautĂ© visuelle; et est considĂ©rĂ© comme le chef-d’oeuvre de Tim Burton.
1991. La Warner rappelle Burton pour réaliser la suite de Batman.
AprĂšs d’Ăąpres discussions, Tim Burton accepte, en Ă©change d’une lourde contrepartie financiĂšre et Ă la condition qu’il ait un contrĂŽle total (ce qui est bien sĂ»r relatif) sur le film.
Histoire d’Ă©viter que le studio se mĂȘle de son travail comme il l’avait fait sur le premier Batman, que Burton considĂšre avec du recul comme son film le moins personnel.
Bien que la Warner ait acceptĂ© la condition de Burton, ils ne cessent de lui tirer dans les pattes : son intĂ©rĂȘt pour Batman Returns va en effet de pair avec l’introduction de nouveaux « mĂ©chants » : Selina Kyle alias Catwoman (Michelle Pfeiffer), et Oswald Cobblepot, le formidable pingouin incarnĂ© par Danny DeVito.
Ces deux personnages sont mis, Ă titre d’importance, sur le mĂȘme pied que Batman, voire mĂȘme en avant par rapport au hĂ©ros du film. L’opposition bien/mal est encore moins perceptible, et la moralitĂ© des personnages est toute relative.
En outre, le film est bien plus personnel et encore plus sombre que le premier opus.
Catwoman est affublĂ©e d’un caractĂšre trĂšs « sexuel », ce qui dĂ©rangera bon nombre de personnes, qui arguent que le film ne convient pas Ă un public d’enfants.
McDonalds, poussĂ© dans le dos par des associations de parents, va mĂȘme jusqu’Ă annuler son partenariat marketing avec la Warner pour ce film.
VĂ©ritable explosion visuelle, lectures Ă plusieurs niveaux, c’est une rĂ©ussite totale. Certaines scĂšnes sont tout bonnement Ă©poustouflantes, comme la scĂšne de dĂ©fenestration de Catwoman par Max Shreck, sa transformation, ou encore la scĂšne du bal oĂč Batman et Catwoman, les ennemis masquĂ©s, se rendent compte de leur identitĂ© respective alors qu’ils sont en train de danser.
La partition d’Elfman, elle aussi, est un petit bijou.
Batman Returns fut cependant le film le plus dur à tourner pour lui : 24 semaines éprouvantes que Tim Burton qualifiera plus tard de « cauchemar ».
PĂ©riode qui plus est assombrie par le suicide de son ami Anton Furst (dĂ©corateur sur Batman â le premier opus), dont le magazine people Vanity Fair le rend responsable dans un article outrageux.
Le rĂ©alisateur traverse une phase de dĂ©pression, dans laquelle sa remise en cause est totale puisqu’il songe Ă arrĂȘter la rĂ©alisation pour ne plus se consacrer qu’Ă la peinture.
Le film, plus critiquĂ© que le premier, n’est pas un aussi gros succĂšs au box-office mais s’en sort tout de mĂȘme trĂšs bien. Ces deux Ă©lĂ©ments verront la Warner s’interroger sur la suite de l’histoire Ă l’Ă©cran de l’homme chauve-souris.
Ils dĂ©cideront d’engager Joel Schumacher pour deux suites, Batman Forever (1995) puis Batman & Robin (1997).
Tim Burton garde un oeil sur Batman Forever (un titre qu’il qualifie de « tatouage que l’on se serait fait sous l’usage de drogues ») puisqu’il reste au gĂ©nĂ©rique en tant que producteur exĂ©cutif.
Peu aprĂšs Batman Returns, Lena Gieseke et Tim Burton divorceront.
Ă partir de la Saint-Valentin ‘92, Il sort avec Lisa Marie, une ancienne mannequin avec qui il a eu un coup de foudre dans un night-club la nuit de nouvel an 1991.
Elle apporta beaucoup de choses Ă Tim Burton, et Henry Selick aurait mĂȘme dĂ©clarĂ© qu’elle lui sauva en quelque sorte la vie.
En effet, selon Wikipedia (qui cite Selick), Burton s’apprĂȘtait à « suivre Anton Furst » (son ami et dĂ©corateur sur Batman qui s’Ă©tait suicidĂ© en novembre 1991).
Tim Burton restera 9 ans avec sa nouvelle compagne. Elle fut pour lui une source d’inspiration, en particulier pour The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories, qui lui est dĂ©dicacĂ©.
Il y a beaucoup de Lisa Marie dans ces nouvelles. Elle m’apporte beaucoup.
Lisa Marie eut des secondes rÎles dans 4 longs-métrages de Tim Burton. Le plus mémorable reste celui de la femme martienne dans Mars Attacks!.
En 1982, alors qu’il Ă©tait chez Disney, Tim Burton avait Ă©crit un poĂšme narrant les (mĂ©s)aventures de Jack Skellington, roi du pays d’Halloween.
Las de semer la terreur, il dĂ©couvrait au hasard d’une promenade le pays merveilleux de NoĂ«l et tentait par la suite de le fĂȘter Ă sa façon…
Inspiré par le style du Dr. Seuss et en particulier de son How the Grinch stole Christmas; le projet est -à nouveau- jugé trop noir par Disney, et Tim Burton manque de moyens pour le lancer. Il restera donc dans dans les cartons.
1990. Maintenant que la donne a changé pour Tim Burton, il décide de monter le projet.
Bien que les droits appartiennent Ă Disney, il arrive Ă les convaincre de financer son film.
Son film ? Pas entiĂšrement, puisque c’est Henry Selick qui le rĂ©alisera.
Tim Burton est en effet trop occupĂ© Ă s’emmĂȘler les pinceaux sur Batman Returns; mais il n’empĂȘche que c’est son projet, avec son histoire, ses personnages et son univers visuel…
Et puis surtout, il rappelle Ă nouveau Danny Elfman pour s’occuper de la musique, qui a ici une importance toute particuliĂšre puisque Nightmare Before Christmas prend la tournure d’un film musical.
L’Ă©laboration du long mĂ©trage se fera donc dĂšs l’Ă©criture en Ă©troite collaboration avec le compositeur.
Viendra d’y greffer par la suite Caroline Thompson (la scĂ©nariste d’Edward Scissorhandset co-scĂ©nariste de Corpse Bride), avec qui il montera Skellington Prod (renommĂ© en Twitching Images dĂšs 1994) pour s’occuper de la production du film.
Véritable défi technique, 14 animateurs y travaillent simultanément 12 heures par jour et 6 jours semaine pendant plus de 2 ans.
Ils ne produisent « que » (dans le domaine de l’animation, c’est relatif) 60 secondes d’animation par semaine, jonglant avec plusieurs dizaines de poupĂ©es ayant chacune de nombreuses tĂȘtes interchangeables (180 pour Jack) Ă animer dans des dĂ©cors somptueux traversĂ©s, qui plus est, par des mouvements de camĂ©ra compliquĂ©s calculĂ©s par ordinateur.
Le film n’aura coĂ»tĂ© que 50 millions de dollars et remporte un grand succĂšs, qui sera plus tardif en Belgique et en France.
Il est encore aujourd’hui objet d’un vĂ©ritable culte, et un tas de produits dĂ©rivĂ©s on fait leur apparition.
En 2006, Disney travaille en collaboration avec ILM pour remasteriser le film en relief Ă travers un procĂ©dĂ© assez compliquĂ©. Pour l’occasion, la bande originale est rééditĂ©e, accompagnĂ©e d’un 2Ăšme CD sur lesquel des artistes connus (dont Marilyn Manson) reprennent certains titres d’Elfman.
Dans la foulĂ©e de L’Ătrange NoĂ«l, Tim Burton et Denise Di Novi produisent pour Disney le Cabin Boy de Adam Resnick, un hommage bizarre Ă la sĂ©rie des Simbad.
Le film est un Ă©chec critique et public, bien qu’il retrouva un succĂšs modeste lors de sa sortie en VHS, avec lequel il devint l’objet d’un certain culte.
Il enchaĂźne sur Mary Reilly, une adaptation de Dr Jekyll et Mr Hyde pour laquelle Winona Ryder est pressentie comme actrice principale.
La Columbia met directement la pression sur Tim Burton en essayant de troquer Winona contre Julia Roberts et en le menaçant de ne pas travailler assez vite : « il y a cinq autres réalisateurs qui veulent faire ce film ».
Tim Burton comprend vite que l’entente sera Ă nouveau difficile entre lui et les studios, et abandonne le projet. Ce dernier sera finalement repris par Stephen Frears, avec… Julia Roberts.
Durablement marquĂ© par les films de son enfance, Tim Burton dĂ©cide, en parallĂšle avec Mary Reilly, de dĂ©velopper un film moins « lourd » que ce qu’il avait fait pour l’instant Ă Hollywood: Ed Wood.
Le film est une biopic, hommage à Edward Davis Wood Jr., souvent qualifié de « pire réalisateur de tous les temps ».
Burton devait dans un premier temps seulement le produire, mais, sĂ©duit, dĂ©cide rapidement d’en assumer la rĂ©alisation d’aprĂšs un script de Scott Alexander et Larry Karaszewski.
Il exige un contrĂŽle artistique complet sur le film, et plusieurs studios se succĂšdent pour produire le projet, avant que Disney lui garantisse cet aspect.
Disney ? Le studio essaie en effet de s’impliquer Ă l’Ă©poque dans des projets qui pourraient aider Ă retrouver sa gloire perdue.
Le budget est peu élevé, les acteurs sont payés trÚs modestement, et Tim Burton décide de le tourner en noir et blanc.
Bien que le film soit d’origine biographique, quelques Ă©lĂ©ments inventĂ©s y sont glissĂ©s, comme par exemple la rencontre de Wood avec Orson Welles (rĂ©alisateur de Citizen Kane), surnommĂ© quant Ă lui « le meilleur rĂ©alisateur de tous les temps ».
Ed Wood sera incarnĂ© par Johnny Depp, et c’est Martin Landau qui se glisse dans la peau de Bela Lugosi, l’acteur fĂ©tiche/hĂ©roĂŻnomane de l’excentrique rĂ©alisateur. Il remportera un Oscar du meilleur second rĂŽle pour cette prestation.
Il est trĂšs probable que l’intĂ©rĂȘt de Burton pour ce film et sa mise en avant de la relation Wood/Lugosi ait un rapport avec son histoire personnelle avec Vincent Price, mort peu auparavant.
Une fois n’est pas coutume, c’est non pas Danny Elfman (ils s’Ă©taient querellĂ©s sur l’Ătrange NoĂ«l) qui compose la musique mais Howard Shore, Ă©crivant une musique assez proche de ce que le compositeur attitrĂ© de Burton aurait pu faire.
Le film offre un aperçu de la polyvalence de Tim Burton que l’on croit souvent -Ă tort- incapable de faire autre chose que des films « gothiques ».
Ce sera un succĂšs critique mais un Ă©chec commercial, seul film de Tim Burton Ă avoir fait un chiffre d’affaire infĂ©rieur Ă son budget de dĂ©part.
Toujours avec Denise Di Novi, Burton produisent Ă nouveau un film ensemble : James and the Giant Peach, sorti en 1996.
Le film est un mĂ©lange de live et d’animation, rĂ©alisĂ© par Henry Selick (l’Ătrange NoĂ«l de Mr Jack).
La production de ce film tĂ©moigne de l’intĂ©rĂȘt qu’a Burton pour Roald Dahl (et son illustrateur fĂ©tiche Quentin Blake), intĂ©rĂȘt qui sera renouvelĂ© plus tard avec la rĂ©alisation de Charlie et la Chocolaterie.
Jonathan Gems, qui est un collaborateur rĂ©gulier de Burton depuis Batman, tomba un jour sur un jeu de cartes collector Mars Attacks! (sĂ©rie de cartes Ă collectionner que la sociĂ©tĂ© Bubbles Inc. avait lancĂ©e en 1962 â vous pouvez les voir dans la section dĂ©diĂ©e au film) et les prĂ©sente Ă Tim Burton.
SĂ©duit par la trouvaille alors qu’il travaille Ă l’Ă©poque sur un film dĂ©diĂ© Ă Catwoman, il rappelle quelques mois plus tard pour lui demander d’Ă©crire un scĂ©nario basĂ© sur l’univers du jeu de cartes.
Burton se pose Ă l’Ă©poque beaucoup de questions sur l’Ă©volution politique du monde et en particulier de l’AmĂ©rique, et aime la dimension critique que le film peut apporter Ă cet Ă©gard.
Ils dĂ©cident de s’inspirer en grande partie de tous les films d’invasions des annĂ©es 50.
Le budget de Gems doit ĂȘtre revu plusieurs fois Ă la baisse (280 millions de dollars au dĂ©part, rĂ©duits Ă environ 75), et les martiens seront animĂ©s en image de synthĂšse par ILM alors qu’il avait un temps Ă©tĂ© envisagĂ© d’utiliser le stop-motion, trop long Ă mettre en oeuvre et moins indispensable sur ce film.
Le casting comporte une sĂ©rie impressionnante de stars reconnues dont Jack Nicholson, Glenn Close, Pierce Brosnan, Annette Bening, Danny DeVito, Michael J. Fox, Natalie Portman, Lukas Haas, Sarah Jessica Parker et Tom Jones…).
Le film, qui sort en 1996, est cependant trĂšs mal accueilli par une AmĂ©rique souvent trop patriotique et pudique, tandis qu’il connaĂźtra un assez grand succĂšs international, en particulier en Europe ou la critique dĂ©calĂ©e du rĂ©alisateur Ă l’Ă©gard de son propre pays amuse beaucoup.
Comble du hasard, Independance Day sort quasiment au mĂȘme moment, avec une vision tout Ă fait… diffĂ©rente du problĂšme.
La Warner contacte Burton en 1997 pour rĂ©aliser un cinquiĂšme volet de sa sĂ©rie Superman, Superman Lives (Superman est toujours vivant) d’aprĂšs un scĂ©nario de Kevin Smith et avec Nicolas Cage dans la peau de l’homme au costume moulant.
Burton démarre au quart de tour et la phase de développement du film démarre, avec Elfman pressenti pour la musique.
Sa premiĂšre dĂ©cision artistique est de se dĂ©barasser du script de Smith, qu’il juge trop complexe, et de le confier Ă Wesley Strick, scĂ©nariste qui avait participĂ© Ă l’Ă©criture de Batman Returns.
En travers de la route de Clark Kent, c’est semble-t-il Jack Nicholson qui aurait Ă©tĂ© pressenti pour le rĂŽle de Lex Luthor.
AprÚs un an de développement (dont les frais sont estimés à 20 millions de dollars), la construction des décors débute en Pennsylvanie, sous la direction artistique de Rick Heinrich.
Il ne faudra pas six semaines à Terry Sernel, président adjoint de la Warner, pour virer le nouveau scénariste et interrompre la pré-production.
Le studio cherche Ă limiter le budget du film et Ă rĂ©-imposer Smith en tant que scĂ©nariste, avant d’en changer une nouvelle fois pour Dan Gilroy.
Entre temps, Danny Elfman quitte le projet et la Warner pousse Nicolas Cage Ă en faire de mĂȘme (il aurait reçu 17 millions de dollars pour « claquer » la porte).
Octobre 1998. Les tensions entre la Warner, Jon Peters (le producteur au caractÚre autocratique avec lequel Burton avait déjà dû composer sur Batman) et Tim Burton sont trop fortes.
Sur Internet, les esprits des fans s’Ă©chauffent. Tim Burton est remerciĂ©, tandis que Nicolas Cage est rappelĂ©.
La Warner continue à faire défiler les candidats aux divers postes du film, avant que le projet soit définitivement abandonné aprÚs le départ de Cage en 2000.
16 juil 2008
Compositeurs: Danny Elfman (The Nightmare Before Christmas, Corpse Bride, Sleepy Hollow, Batman, Batman Returns, Edward Scissorhands, Charlie And The Chocolate Factory, Beetlejuice, Pee Wee’s Big Adventure, Mars Attacks!), Howard Shore (Ed Wood), Stephen Sondheim (Sweeney Todd)
Chefs d’orchestre: James Fitzpatrick (Sweeney Todd, The Nightmare Before Christmas, Sleepy Hollow, Batman Returns, Charlie And The Chocolate Factory, Ed Wood), Nic Raine (Batman, Edward Scissorhands, Beetlejuice, Mars Attacks!)
Habituellement je n’aime pas les rĂ©enregistrements parce qu’ils sont souvent moins bons que les versions originales, mais lĂ les morceaux sont plutĂŽt bien interprĂ©tĂ©s, et on a en plus droit aux versions instrumentales inĂ©dites de trois chansons de Sweeney Todd.
Track Listing:
1 mai 2008
Dans The Nightmare Before Christmas, le personnage d’Oogie Boogie rappelle beaucoup le fantĂŽme, doublĂ© par Cab Calloway, de l’un des cartoons les plus connus de la sĂ©rie des Talkartoons, Minnie The Moocher, rĂ©alisĂ© en 1932 par Dave Fleischer:
La chanson Minnie The Moocher, initialement interprétée par Cab Calloway, fut reprise par Danny Elfman et rebaptisée Squeezit The Moocher dans le film Forbidden Zone, réalisé en 1980 par son frÚre Richard Elfman et pour lequel il compose sa premiÚre musique de film.
Dans The Old Man Of The Mountain, cartoon de la sĂ©rie des Betty Boop rĂ©alisĂ© en 1933 par Dave Fleischer, deux lignes de dialogues entre Betty Boop et le Vieil Homme ( »Whatcha gonna do now? » « Gonna do the best I can! ») sont quasiment identiques Ă deux autres lignes de dialogue entre le PĂšre NoĂ«l et Oogie Boogie ( »What are you going to do? » « I’m gonna do the best I can! »).
Jack Skellington, doublé par Danny Elfman en personne, fait quant à lui penser à Grampy, un personnage récurrent de la série des Betty Boop, en particulier dans Christmas Comes But Once A Year, cartoon de la série des Color Classics réalisé en 1936 par Dave Fleischer:
surtout quand il a une idĂ©e… réécoutez la fin (diffĂ©rente du film) de la chanson Jack’s Obsession…
I’VE GOT IT!
C’est ainsi que les deux personnages s’exclament juste aprĂšs avoir eu l’idĂ©e de remplacer le PĂšre NoĂ«l.
Ces trois cartoons sont tombés dans le domaine public.
20 nov 2006
A landmark film in its genre, the 1993 release of THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS combined the power, enchantment and artistry of stop-motion animation with technological wizardry to create a moviegoing experience that captured the hearts and imaginations of millions of die-hard fans. It simultaneously became an all-time family favorite and attained permanent cult status among the cool. Just as its playful, pitch-perfect sense of Halloween fun made it a holiday standard, its mischievously dark humor and no-holds-barred creativity has made it an enduring video hit among college kids and hipsters â who admire it, quote it, sing it and even dress the parts at Halloween. For years, every Halloween has been turned into NIGHTMARE season at Hollywoodâs legendary El Capitan Theatre, which screens the film each October to ever-growing audiences.
Part ghostly love story, part upside-down holiday celebration and part toe-tappingly offbeat musical, this NIGHTMARE was always multidimensional. But now, the classic film that had audiences falling in love with one of the most painstakingly handmade of all animation processes has been brought hurtling into the 21st century and transformed for a new generation to experience in Disney Digital 3Dâą, expanding its legacy of innovation.
âThis was a very special project for usâlending exciting new life to a film and characters that continue to be a tremendous success,â says Don Hahn, an OscarÂź-nominated producer (âBeauty and the Beast,â âLion Kingâ) and the producer of THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS 3D. âAudiences have long associated 3D with a story that is fun, scary or both, and with this film, they get it all. You feel like youâre right there in that amazing world with the puppets, not merely watching the story go by on the screen. When the snow falls, itâs falling right on you. When a character jumps out, he jumps over the head of the person in front of you. It literally brings an extra dimension to what has become a modern holiday classic.â
Hahn continues: âTHE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS was part of the Golden Age of Animation in the early 1990s, during the period when Disney was also doing âAladdinâ and âThe Lion King.â It became its own unique part of Disneyâs animation heritageâa haunted-house Halloween movie with a wonderful heart, a Broadway-style musical for families, and a beautiful example of how stop-motion animation can work for audiences. Back then, it already had such an unusual and risk-taking combination of elements, adding the new, technologically advanced digital 3D into the mix seemed entirely natural.â
Long before embarking on the project, Disney executives asked their partners in Digital 3D at Industrial Light & Magic to do a test runâdigitizing a brief snippet of the film to see if the idea would sink or soar. The results were, in turn, screened for Tim Burton.
His response was effusive. âWhatâs amazing is that because of the 3D process, audiences will really get to see the texture of the puppets,â Burton says. âWhen we were making the movie, we got to feel in our hearts like our characters were realâwhen you see it in 3D; it just takes it that much further. Everything comes to life, and you can literally see in through the eye sockets of Jack Skellington.â
Meanwhile, when director Henry Selick first heard about the idea, he admits he was, well, a little spooked and quite skepticalâwhich made him even more surprised when he was completely won over by ILMâs work. âI honestly wasnât too excited about the idea at first because, as amazing as modern technology is, I was concerned that it wouldnât look good, that it would be a kind of Frankensteinâs monster,â Selick comments. âI was afraid it would come off looking like a bunch of cut-outs and disconnected layers.â
âBut as they began to show me more footage, my jaw started to drop. I was astonished by what they were achieving,â Selick continues. âThey were being incredibly respectful of the original material, and it wasnât gimmicky at all. Even though the technology is incredibly advanced, they were managing to really keep intact the handmade quality of the film. It actually took me back to how exciting it was when we were first making the film years ago and all these characters started to come to life.â
Indeed, 3D is currently undergoing an extraordinary resurgence, thanks to the latest technological advances which have been seen in special versions of such films as âChicken Littleâ and âSuperman Returns.â The concept of 3D movies first emerged in Hollywood in the 1920s but didnât take off until the 1950s with the advent of stereoscopic horror films such as âThe House of Wax,â âBwana Devilâ and âThe Creature From the Black Lagoon.â Audiences loved the idea of having a filmâs action pop out right at them, but not the reality, which, unfortunately, was plagued by âghostingââin which two images blur on the screenâwhich could cause annoying and uncomfortable eye strain.
Now, in the brave new world of digital cinema, 3D has finally come of age. A new generation of digital tools has revolutionized 3D viewing, creating a more seamless illusion for the audience. Disney Digital 3Dâą was one of the first out of the gate, presenting a state-of-the-art system that combined the expertise of both ILM and Dolby Laboratories to offer unprecedented clarity, comfort, image integrity and a totally immersive film experience. Family audiences flocked to see the 3D version of âChicken Little,â proving that the concept of 3D is now more appealing than ever as it achieves its real potential.
In theory, all 3D films work by projecting a double imageâone for the right eye and another for the left, which creates the rich sensation of real-life depth. Traditionally, this was achieved by using two projectors. Disney Digital 3Dâą, however, takes it to another level by using just one projector, which rapidly shifts between images for the left eye and the right eye, so quickly (144 times per second) that the brain is not even aware of it. Using polarized light the images are crisper and clearer than any 3D process in history.
But so far, the only films to be seen in their entirety in Digital 3D have been those that were digitally created in the first place. With THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS 3D, the unprecedented challenge would be to take the 2D, flat world of the original and give it the depth and dimension of Digital 3Dâwithout, in any way, altering its innate charms. The first step in the process was to digitize the filmâ re-animating a âproxyâ version of the entire movie in CGâa vast undertaking that fell to Industrial Light & Magic, under the supervision of ILMâs executive in charge of production, Colum Slevin.
For Slevin and his team, the project was irresistible. âI donât know of another instance like this where an analog film was transformed into a digital film. The processes were a real breakthrough for us, and we thrive on those sorts of big challenges,â he says. âIt was incredibly tough, but it was also unbelievably rewarding because we were taking everything to the next level.â
The teamâs adoration of the original NIGHTMARE further amplified their excitement. âEveryone at ILM is a big fan of this movie. We were already in love with the project before we began,â notes Slevin.
âItâs such a cool film and everybody kept saying, âItâs perfect for 3D!â Itâs so beautifully composed, the sets are gorgeous and thereâs this quirky forced-perspective thing going on that already has a kind of 3D feel about it. In fact, once we began rendering the characters in 3D, they looked so fantastic, we felt it was just destined to be viewed this way.â
Starting with a crew of 20 and eventually ramping up to 80, it took 19 very intense weeks of work for ILM to complete the transformation of NIGHTMARE. During this process, automatic tools were used to replicate the original filmâs camera motions, sets were turned into digital models and a crew of animators was recruited to hand-animate the CG characters on a frame-by-frame basis, so their digital doubles matched the original camera photography. Once the geometry was forged for the sets and characters, special-effects artists used the computer to map the original film image directly onto the CG-animated geometry. Then the virtual camera, shifted slightly to the right, recorded a new camera angle for the right eye.
Ultimately, audiences will unwittingly be seeing the original NIGHTMARE with their left eyes while seeing the digital re-creation with their right eyes, allowing for the three-dimensional effect.
To begin with, the process required lots of digging into history. âWe used a lot of archival lens information from Disney and we dug up all the original puppets so we could photograph them and create computer graphic models of each,â Slevin explains. âThe original sets no longer exist but we were able, with digital tools, to take a sequence of images and infer the volume of each set from the still frames. So we could infer things like this floor is at a 45-degree angle and this chair is three feet from the wall, and then we could create an accurate blocking of the original sets in CG. Itâs all basically geometry.â
Digitizing the characters in all their stylized movement was the crux of the project. Slevin continues: âWith stop-motion, you have to pose every single frame and every single frame is incredibly deliberate. So when you try to track and follow a character thatâs been stop-motion animated, and youâre trying to replicate that in CG, you have to redo all that labor all over again from scratch, because thereâs just no automatic way to do it. So there was a lot of blood, sweat and tears that went into replicating the performances authentically so the stereo would pick up faithfully in the right eye when we reprojected the original performances.â
Yet even as the high-tech proceedings kicked into a higher gear, there was a constant emphasis on maintaining the filmâs inimitably funky, scary-funny aesthetic with complete integrity. âEarly on, I spoke to Henry Selick and we talked about what was possible, because once a film is digitized, there are no limits,â recalls Don Hahn. âSo we could have changed anything, but the decision was made to keep that loving, handmade aspect of the filmâs charm completely intact. So we didnât even erase wires or shadows or alter any original mistakes. We really tried to be completely true to the original and not introduce anything artificial, but rather simply bring new dimensions to what was already there, with wonderful results.â
Adding to the pressure to do right by the film was the fact that several of the staff at ILM had actually worked on the original release of NIGHTMARE. Slevin notes that his team developed a very helpful, oftrepeated mantra during the entire process ââKeep your filthy hands off the filmââ to avoid any temptation to alter what had been created more than a decade ago by the impassioned original team of animators. âThis was not a fix-it job,â he notes. âThe grit and grain, the pops and errors and the âhappy accidentsâ of stop-motion animation are all still a part of the heart of the film.â
For Henry Selick, that decision was very gratifying. âIt seems that people these days are often trying to make films that are more and more slickâso for the handmade quality of our film to be a priority was just wonderful,â he says. âThe 3D simply brings the audience further into the filmâs environment. It reveals a side of the film that no one has ever seen before.â
The only creative choices the team behind THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS 3D did make concerned where the action should be placed in the plane of depth to best serve the story. For example, the average distance between human eyes is about 2.5 inches. But that distance can be played with â stretched or shrunk â to create a particular 3D effect, such as allowing the audience to see the world from Jack Skellingtonâs skewed point of view. The team also decided which elements would appear in the foreground and background for virtual immersion, turning the 3D effect into a storytelling tool that guides the eye from one important detail to the next.
âWe worked out an entire stereo script with Don Hahn and the guys at Disney,â Slevin explains, âwhere they would say, âThis is where the effect needs to be cranked up, and this is where you can ease off and dial the intensity back.â Everything had to be completely in sync with the score and especially the storytelling, because itâs all about the story. Thatâs where the real magic is.â
And Tim Burton agrees, âTurning THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS into Digital 3D has taken a very pure little gem for me and made it that much better. I am extremely happy about the fact that the movie has kept its purity and the 3D actually adds much more to it.â
Commentaires récents